Des dizaines de millions de francs pour une construction que l’on abandonnera sont légion. Les propriétaires feraient-ils un calcul de rentabilité, vu la gou vernance urbaine et la durée de vie de ces bâtiments ? Certains propriétaires pensent ef fectivement que le risque de démoli tion est faible ou qu’il n’interviendra qu’après de nombreuses années. Ils estiment alors qu’ils auront eu le temps de rentabiliser leur investissement grâce aux loyers ou à l’exploitation du bâtiment. D’autres commencent les travaux sans avoir obtenu toutes les autorisations, en espérant les régulariser par la suite. Il arrive aussi que des contrôles administratifs in suffisants ou irréguliers (communes) encouragent cette prise de risque. Enfin, certains propriétaires ignorent réellement les exigences techniques ou sous-estiment les risques liés à la sécurité. Le phénomène perdure. Que proposeriez-vous pour y mettre fin? Pour réduire ce phénomène, il est nécessaire de combiner des mesures immédiates et des réformes progressives. Parmi les mesures immédiates (un à deux ans), il faut appliquer strictement les règles d’urbanisme, sans exception ; effectuer des contrôles réguliers des chantiers dès leur démarrage et non uniquement à leur achève ment ; suspendre immédiatement les travaux présentant un danger manifeste pour la sécurité ; sanc tionner non seulement les proprié taires, mais aussi les maîtres d’œuvre, entrepreneurs et agents publics qui ont participé à des irrégularités. Il convient aussi de publier les déci sions de sanctions afin d’avoir un effet dissuasif et sensibiliser les citoyens aux risques humains et financiers des constructions non conformes. Les réformes progressives pour les trois à 10 prochaines années, il s’agit de numériser les permis de construire et l...
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