D ’avis d’experts, les pertes sont impor tantes et demeurent non quantifiées, bien que mesurables. La barrière de la statistique s’oppose à une addition suffisamment pertinente des montants de la liste des pertes. « On peut tenter d’évaluer le coût global des mauvaises pra tiques au Cameroun, mais il est très difficile de le chif frer avec précision, faute de données complètes », explique Demaino Ngongang Ouandji, membre de la Chambre professionnelle des experts techniques, agréé par l’Etat en matière de bâtiments. Pascal Mani, architecte et ingénieur du génie civil, pointe le fondamental que sont « les pratiques de construction qui recourent à des proches connaissant la maçonnerie » et les carences du cadre procédural. Les valeurs de telles opérations ne sont pas « vraiment quantifiables dans une comptabilité nationale, d’où la difficulté à évaluer les pertes [car] le canevas officiel n’est pas respecté [en commençant par la] demande de permis [où] il doit y avoir un devis des travaux… » Pour autant, indique M. Ngongang Ouandji, dans de nombreux pays, les études montrent que les mauvaises pratiques de construction « représentent plusieurs points de pourcentage du PIB lorsqu’on additionne leurs effets directs et indirects ». Cela signifie que, analyse-t- il, pour un pays comme le Cameroun, le coût pourrait se chiffrer en centaines de milliards de F, voire en milliers de milliards de F sur plusieurs années. Faute d’une étude nationale exhaustive, il serait impru dent d’avancer un montant précis, tempère cependant le polytechnicien Ngongang Ouandji. Pour être crédible et utile à la décision, l’évaluation croiserait alors les données de plusieurs administrations (urbanisme, travaux publics, justice, finances, assurances, collectivités territoriales), ...
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