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Du patriotisme touristique...

Le Cameroun ne figure pas encore dans le top 10 des destinations touristiques afri- caines. Le pays de Roger Milla et de Samuel Eto’o, deux légendes du football africain qui pourraient faire courir à eux deux des milliers de touristes, est, pour le moment, moins coté que l’Afrique du Sud, l’île Maurice et le Maroc, le trio du peloton de tête du continent, selon le classement mondial de la compétitivité touristique, rendu public en avril, par le Forum économique mondial (WEF). Selon d’autres institutions de renommée internationale telles que Bloom Consulting qui classe les meilleures destinations touris- tiques, en partenariat avec les magazines The Economist et Forbes, le Cameroun est la 25 e destination africaine et la 155 e dans le monde, en 2015. Ce classement ne reflète pas l’énorme potentiel dont dispose notre pays, baptisé à juste titre « Afrique en miniature», du fait de la concentration de toutes les spécificités du continent sur notre territoire. Mais l’on n’a pas encore atteint l’objectif de deux millions de touristes envisagé il y a deux ans. La contribution du secteur touristique à l’économie tourne autour de 3% du PIB. Pourtant, cela fait déjà sept ans que le pays a réussi son entrée dans le club des pays touristiques en 2010, après avoir enregistré 573 000 touristes. La norme requise par l’Organisation mondiale du Tourisme étant de 500 000 arrivées au cours de l’année.. Les raisons de ces mauvaises performances enregistrées ces dernières années s’expliquent en grande partie par les difficultés sécuritaires qui ont plombé l’activité dans certaines régions du pays. Les exactions de la secte terroriste Boko Haram dans la région de l’Ex- trême-Nord, réputée pour ses sites emblématiques tels que le parc de Waza, les pics de Mindif et les merveilles de Kapsiki, ont eu des effets négatifs sur le taux de fréquen- tation. Les hôteliers, les premiers à trinquer, étaient aux abois en raison notamment des annulations de réservations de chambres, la diminution des séminaires organisés et généralement financés par des bailleurs de fonds occidentaux, la désertion des restau- rants... Heureusement, les nouvelles en provenance du front sont rassurantes. L’activité touristique reprend du poil de la bête, du fait des prouesses de nos forces de défense et de sécurité, qui sont actuellement en train de prendre le dessus sur les terroristes et nettoient les dernières poches de résistance. Le moment le plus critique est donc passé. Mais, la relance de l’activité touristique exige de ne plus se limiter à vanter le potentiel, ou à rester au stade des projets. Il faut donner un véritable coup de fouet à l’activité. L’on compte plus de 800 sites qui ne demandent qu’à être visités, valorisés. Les Camerounais, eux-mêmes, doivent donner le ton. Ils doivent être les premiers à mieux connaître leur pays. Combien sont nos compatriotes qui connaissent, par exemple, le circuit touristique de Tokombéré ou l’héritage de Baba Simon, l’un des premiers Camerounais candidat à la béatification, prêtre ayant quitté le Littoral pour l’Extrême-Nord, avant l’indépendance ? Ou les vestiges allemands et tombes creusées dans les rochers de Mora à 4 000 mètres d’altitude ? Ou encore la mare d’hippopotames de Batouri ou de Ndélélé dans la région de l’Est ? En connaissant bien notre propre pays, on le présenterait mieux aux autres. On en serait les premiers ambassadeurs. Il s’agit du patriotisme touristique. Au-delà de l’exigence de la maîtrise des 16 critères de classement international, les pouvoirs publics gagneraient sans doute à faciliter l’accès à ces différents sites en créant des routes. Puisque le tourisme est une niche d’emplois qui peut générer des milliards de francs. Les autorités municipales doivent aussi accorder la priorité à la valorisation de ces sites touristiques, en les dotant des commodités telles que l’électricité et l’eau. L’utilisation des drones civils pour des images aériennes en haute définition serait d’un apport indéniable. Lesquelles images pourraient être utilisées sur Internet, pour donner une bonne image du pays et résorber le chômage des jeunes. C’est à ce prix que le tourisme pourrait contribuer à l’économie et gagner des points de croissance.

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