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Dette intérieure: L’Etat va rembourser près de 536 milliards de F

Suite aux modifications apportées à la loi de finances 2021 via l’ordonnance du 7 juin dernier, ce sont 181 milliards de F de plus qui ont été provisionnés pour ce poste de dépenses du budget.

L a nouvelle enveloppe budgétaire de l’Etat du Cameroun pour l’année en cours s’équilibre en ressources et en emplois à la somme de 5 480,4 milliards de F dont 5 235,2 milliards de F au titre du budget général et 245,2 milliards d F pour les comptes d’affectation spéciale (CAS). Dixit l’article quarantième nouveau de l’ordonnance n°2021/003 du 07 juin 2021 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°2020/018 du 17 décembre 2020 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2021. L’ordonnance signée du président de la République, Paul Biya, est la deuxième après celle du 26 mai 2021, qui relevait le plafond des emprunts non concessionnels de 300 à 750 milliards de F, dans la perspective de l’opération de refinancement à venir, de l’eurobond émis par l’Etat en 2015. Au terme de cette seconde modification apportée à la loi de finances 2021, le budget pour l’année en cours subit une hausse. Par rapport à l’enveloppe initiale (4 865,2 milliards de F), l’augmentation globale est de 615,2 milliards de F. Soit un supplément de 565,2 milliards de F pour le budget général et 50 milliards de F pour les CAS.

Remboursement de la dette

Au titre de ses charges, l’Etat du Cameroun a revu à la hausse les provisions pour le service de la dette. A ce titre, l’enveloppe prévue pour le remboursement du principal de la dette à long et moyen terme à l’extérieur passe de 328,4 milliards de F à 595,9 milliards de F, soit une augmentation de 267,5 milliards de F. Ce supplément est réparti entre la dette extérieure multilatérale (10 milliards de F) et la dette extérieure bilatérale (257,5 milliards de F). S’agissant du remboursement du principal de la dette à long et moyen terme à l’intérieur, l’enveloppe augmente aussi de 181,2 milliards de F à 535,9 milliards de F. Une bonne nouvelle pour la trésorerie des entreprises locales, déjà handicapées par le ralentissement des activités.

Plus de revenus escomptés du secteur pétrolier

Pour financer ce relèvement de l’enveloppe budgétaire, l’Etat compte recouvrer plus de recettes. La délivrance, le renouvellement et la prorogation des passeports ordinaires coûtera désormais 110 000 F à l’usager à compter du 1er juillet prochain contre 75 000 F actuellement. Dans l’ensemble, l’Etat envisage de recouvrer au titre des recettes, 3 530,8 milliards de F, soit 74,2 milliards de F de plus que la somme projetée en début d’exercice (3 456,6 milliards de F). Le volume des recettes fiscales reste maintenu à 2 743,1 milliards de F. A contrario, les ressources attendues des dons exceptionnels de la coopération internationale baissent de 42,2 milliards de F à 64,7 milliards de F contre 106,9 milliards de F initialement arrêté. Des ajustements ont également été apportés sur les autres recettes. Ce poste devrait rapporter 663 milliards de F, soit 116,4 milliards de F de plus. L’augmentation des revenus du secteur pétrolier (+143 milliards de F) à l’intérieur de ce poste de recettes permettra de compenser la diminution des droits et frais administratifs (-19,569 milliards de F) et des ventes de prestations de services (-7,031 milliards de F). Baisse des appuis budgétaires S’agissant des emprunts et dons, le volume des ressources augmente de 501 milliards de F à 1 864,4 milliards de F. Si les appuis budgétaires diminuent de 30 milliards de F, les tirages sur les emprunts des organismes privés extérieurs devraient rapporter 450 milliards de F de plus, soit 634,21 milliards de F au total après ajustement. Idem pour les émissions de bons du Trésor supérieurs à deux ans qui devraient permettre de mobiliser désormais 481 milliards de F, soit 81 milliards de F de plus sur le marché monétaire.

Des ressources additionnelles pour la riposte contre le covid-19

Le montant des prélèvements sur le budget de l’Etat au profit du Fonds spécial de solidarité pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économique et sociale passe à 160 milliards de F contre 150 milliards de F initialement prévu. Par ailleurs le plafond des ressources destinées à approvisionner ce fonds a lui aussi bougé. Il est désormais fixé à 200 milliards de F contre 150 milliards de F avant l’ordonnance du 7 juin. Les fonds de concours de l’Union européenne, de la Banque mondiale et de la BDEAC pour ce fonds spécial devraient rapporter respectivement 40 milliards de F, 25 milliards de F et 15 milliards de F de plus.

Soutien au secteur du tourisme

La décomposition des ressources des comptes d’affectation spéciale a également été revue. La redevance de prélèvement des eaux concernant le financement des projets de développement durable en matière d’eau et d’assainissement a baissé de 61,45 millions de F à 188,55 millions de F. Idem pour la quote-part du produit de la taxe de séjour ramené de 500 millions à 476,7 millions de F, doit une baisse de 23,3 millions de F, en soutien au développement des activités de tourisme et de loisirs affectées par le covid-19. La subvention de l’Etat diminue aussi de 100 millions de F pour ce segment.

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