loader

Forêt d’Ebo: Polémique autour du projet d’exploitation

Malgré le décret présidentiel annulant le classement de cette unité forestière d’aménagement le 11 août dernier, les partisans de l’exploitation gardent l’espoir des lendemains meilleurs.

A l’horizon, des arbres qui culminent un peu plus de 15 m de hauteur. Sur des milliers de kilomètres, ils forment comme une clairière savamment érigée par l’Homme. Pourtant il n’en est rien. Tout est le fait de la nature. Ils servent également d’abris à des animaux difficiles à identifier à première vue. Ce n’est qu’en faisant survoler un drone que l’on aperçoit un perroquet qui menace l’appareil, pas habitué à ce vrombissement qui vient troubler sa quiétude habituelle. Plus bas, les champs de cacaoyer, de plantain et de macabo sont couverts par cette végétation qui permet d’avoir d’importants rendements. La canopée forestière de la localité est constituée d’essences comme l’azobé, l’ayous, le bilinga, le bubinga, etc. Nous sommes à Iboti, dans le canton Ndokbiakat, arrondissement de Yingui, département du Nkam, région du Littoral. Le regroupement situé à côté du massif forestier d’Ebo (couvrant une superficie de 150 000 hectares) dépend de l’agriculture, de la chasse et de la cueillette. Tout comme 39 autres communautés. A tel point que les noms des regroupements concentrés autour du massif sont tous identifiés à Ebo qui n’est pourtant rien d’autre que l’une des rivières arrosant la localité.

Seulement, le projet de création d’une unité forestière d’aménagement (UFA) 07-006 fait polémique. A la mi-août, les 25 conseillers municipaux de la commune de Yingui se sont réunis en session extraordinaire et ont délibéré en faveur de l’exploitation de la forêt d’Ebo. Auparavant, le 11 août, le président de la République a prononcé le retrait du décret du Premier ministre, chef du gouvernement, daté du 14 juillet dernier portant classement au domaine privé de l’Etat de cette portion de 68 385 hectares à cheval entre les départements du Nkam et de la Sanaga-maritime.

Voix discordantes

Comment comprendre qu’après une décision de la présidence de la République, Ebo continue de faire polémique ? Jean Beas, l’un des conseillers municipaux, estime que « l’UFA est avantageuse pour les populations. Elle nous apporte les emplois parce qu’elle est assortie d’une usine de transformation du bois. La création d’une scierie, avec 300 ouvriers au moins, plus les ouvriers de la forêt, va distribuer une masse salariale de l’ordre de 30 à 40 millions de F par mois. Il y aura des effets induits en termes d’hébergement, de restauration ou de divertissement ». Sa Majesté Gaston Dipita, chef du canton Ndokbiakat et président de l’Association des chefs traditionnels riverains de la forêt d’Ebo, est catégorique. « Nous sommes hors de notre territoire depuis 60 ans. Nous ne pouvons pas nous rendre dans nos villages parce qu’il n’y a pas de routes. Seule l’exploitation forestière peut apporter le développement », déclare-t-il.

Cette position passe mal du côté de ceux qui sont contre l’exploitation forestière. L’un des leaders, Sa Majesté Victor Yetina, chef du village Ndickbassogog, canton Log-Nanga, affirme que la proximité de l’UFA querellée avec le port de Douala constitue un grand enjeu. « Dans la coupe du bois, le transport coûte énormément. Le bitumage de la route est en cours sur cet itinéraire. Quand il sera achevé, cette forêt va constituer du pain béni pour les hommes d’affaires. En sortant directement le bois pour le port, le coût de revient sera considérable », laisse échapper l’autorité traditionnelle. A son avis, même si la décision du président de la République les rétablit dans leurs droits, elle n’est- pas une victoire. Il défend le mouvement « Non à la vente de nos terres » de l’association « Munen retour aux sources », qui revendique le retour sur leurs terres afin d’y engager des investissements. Dans cet épilogue, une faction intermédiaire dénommée « Exodus Banen » s’est positionnée. Soutenue par Daniel Loka, entrepreneur, elle préconise un retour sur leurs terres ancestrales avec la création d’un fonds d’investissement rendu à la phase de manifestation d’intérêt, la mise sur pied d’une coopérative et d’une société d’aménagement de la forêt d’Ebo. « Nous ne pouvons pas uniquement compter sur l’Etat, mais sur nous-mêmes », justifie-t-il.

Partager cet article

Commentaires

  • avatar
    William
    9d ago

    Je suis à court de mots pour le profit incroyable que vous m'avez aidé à gagner en seulement une semaine avec la stratégie d'options binaires, je suis vraiment désolé d'avoir douté au début, j'ai investi 200 $ et gagnez 2500 $ en une semaine seulement, et j'ai continué à investir davantage, aujourd'hui je le suis financièrement réussi, vous pouvez le contacter par e-mail: carlose78910@gmail.comnVia WhatsApp: (+12166263236)nJe vous conseille de ne pas hésiter. Il est super.

  • avatar
    William
    9d ago

    Je suis à court de mots pour le profit incroyable que vous m'avez aidé à gagner en seulement une semaine avec la stratégie d'options binaires, je suis vraiment désolé d'avoir douté au début, j'ai investi 200 $ et gagnez 2500 $ en une semaine seulement, et j'ai continué à investir davantage, aujourd'hui je le suis financièrement réussi, vous pouvez le contacter par e-mail: carlose78910@gmail.comnVia WhatsApp: (+12166263236)nJe vous conseille de ne pas hésiter. Il est super.

laisser un commentaire