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Où trouver l’argent ?

Pour comprendre la difficulté à laquelle est confrontée l’Etat, il faut chercher dans le contexte économique national empreint de doutes quant à la reprise des activités, du fait du covid-19.

Pour financer ses dépenses, l’Etat puise en majorité dans les recettes fiscales pétrolières et non pétrolières. Or, l’activité économique pratiquement à l’arrêt aujourd’hui du fait de la pandémie du coronavirus, ne garantit pas des caisses suffisamment pleines pour tenir les multiples engagements. A cette baisse de l’activité au plan national, se greffent la diminution des cours des matières premières exportées par le Cameroun sur le marché international à l’instar du pétrole (le baril est projeté à 37,5 dollars en 2021 contre 36,2 dollars cette année), la mise en œuvre du plan global de soutien socio-économique lié à la riposte contre le covid-19 et les crises sécuritaires qui persistent. De plus, l’Etat doit encore finaliser les infrastructures devant abriter le CHAN 2021 et la CAN 2022 ; et accélérer le processus de décentralisation. Dans son exposé sur les orientations globales des politiques publiques pour le triennat 2021- 2023, le directeur général de l’Economie et de la Programmation des investissements publics au Minepat, Isaac Tamba a identifié cinq axes de la politique gouvernementale sur cette période : la riposte globale contre le covid-19, la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain, la promotion de l’emploi et l’insertion socio-économique, l’amélioration de la gouvernance. S’agissant du développement du capital humain par exemple, l’Etat doit implémenter de manière progressive, la couverture santé universelle (CSU), un chantier financièrement lourd. Devant tous ces engagements, l’Etat devrait pouvoir dégager un espace budgétaire conséquent, entendu ici comme le potentiel d’accroissement des dépenses publiques jugées prioritaires « sans remettre en cause l’équilibre à long terme des finances publiques ». Pour créer cet espace budgétaire en interne, les instruments usités sont les recettes fiscales, les économies budgétaires, le seigneuriage (avantage financier découlant de l’émission d’une monnaie) lorsqu’il n’y a pas d’emprunts. Une étude menée sur la question a révélé que de nombreux projets sont lancés hors budget par plusieurs administrations, à l’instar des ministères en charge des travaux publics et celui du développement urbain. Le problème que pose cette pratique, c’est qu’une fois lancés sans couverture budgétaire, ces projets sont par la suite imposés aux budgets ultérieurs, relevant ainsi la demande budgétaire. Difficile donc dans un tel environnement, de maîtriser de tels projets. Ajouté à cela, la programmation discontinue des projets, le suivi approximatif au sein des administrations et la longévité des projets. Pour ce dernier cas, une illustration est le projet de bitumage de la route Mbama-Messamena démarré en 2014 pour un montant de 26,6 milliards de F, toujours en cours de mise en œuvre, six ans après. Les projets à financement extérieurs sont aussi concernés. Le montant global des décaissements sur les projets à financement extérieur pour la période 2021-2023 est évaluée à 2 698 milliards de F.

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