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Capitaliser les opportunités de l’intégration

L’appartenance à ces organisations régionales offre de grandes possibilités aux entreprises locales grâce à l’ouverture des marchés et au développement des infrastructures.

E n février dernier, 210 nouveaux produits locaux ont été admis au régime préférentiel de la zone CEMAC. Le Comité régional de l’origine, siégeant pour la première fois à Douala, a offert à ces produits leur ticket de libre circulation dans la CEMAC, tout en levant le verrou des droits de douane. C’est donc un marché de plus de 54 millions de consommateurs, répartis entre la Centrafrique, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Congo, le Tchad et le Cameroun qui s’ouvre à ces biens, grâce à l’appartenance du Cameroun à la CEMAC. Avec le processus de facilitation de l’intégration au sein des 11 Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), c’est un marché de plus de 190 millions de consommateurs qui sera à la portée des entreprises locales. Outre l’accès à ces débouchés, l’appartenance du Cameroun à ces organisations apporte un coup de pouce au développement de ses infrastructures, grâce aux projets intégrateurs mis en œuvre au sein de la CEMAC. L’un des derniers en date est le projet d’interconnexion électrique avec le Tchad cofinancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Tout en raccordant et en assurant l’énergie électrique à des milliers de ménages, ce projet permettra de vendre l’électricité produite localement au Tchad. De même, le Cameroun figure en bonne place dans les 11 projets intégrateurs prioritaires en zone CEMAC (la route Mbaikoro-Benja-Bekoninga en Centrafrique et le corridor Brazzaville-Ouesso-Bangui-Ndjamena constituent désormais un seul projet). Une table ronde des investisseurs sera organisée en décembre prochain pour mobiliser 2323 milliards de F. La mise en œuvre de ces projets permettra d’interconnecter le Cameroun aux autres pays par route et Internet. La route Ketta (Congo)-Djoum (Cameroun) fait partie des retombées de l’appartenance à la CEEAC. Cette infrastructure a vocation à désenclaver les bassins agricoles du Congo. Avec l’appui de la Banque mondiale à hauteur de 170 millions de dollars, soit plus de 94,3 milliards de F, débloqué le 26 mai dernier, la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) financera son projet pour la relance et le développement de cette région (PROLAC). Il vise le renforcement de la résilience des populations du Cameroun, riveraines du Lac Tchad, en même temps qu’il permet la reprise des activités agricoles (arrêtées du fait de l’insécurité) et la création des activités génératrices de revenus. Plus concrètement, la CBLT vient d’attribuer des marchés relatifs à la plantation de 600 arbres afin de contrer l’avancée du désert dans 14 communes de la région de l’Extrême-Nord. Outre des retombées relatives à l’intégration, l’accès aux marchés, la résilience et la contribution à la protection de l’environnement, l’appartenance à ces organisations implique une communauté de destin et d’actions face aux chocs économiques. Alors que le covid-19 continue de sévir, le Cameroun pourra bénéficier des mesures de relance à l’échelle de la CEMAC, à côté de son plan de riposte national. En effet, la sous-région est en train de peaufiner sa réponse communautaire à cette pandémie.

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