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Protection des écogardes: Des conditions de travail à améliorer

Un projet de police d’assurance en cours de négociation pour la prise en charge de l’invalidité et des soins.

F in 2019. Le garde forestier Tabi en service à la délégation départementale des Forêts et de la Faune de Monatélé dans le département de la Lékié, région du Centre, décède des suites d’un accident de moto, pendant qu’il poursuivait un contrevenant. En avril de la même année, le chef de poste d’Atok dans la région de l’Est, Sadima, décède également avec ses trois enfants à bord de sa moto, suite à un accident de la circulation. En narrant ces morceaux choisis, le président de l’Association camerounaise des rangers, Roger Bruno Tabue Mbobda, s’indigne de ce que ses collègues travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, mais sans protection sociale adéquate. Même si la journée mondiale des rangers (célébrée généralement le 31 juillet de chaque année, Ndlr) ne s’est pas tenue cette année en raison du covid-19, l’Association camerounaise des rangers a donné un point de presse le 6 août dernier. A l’occasion, son président a indiqué qu’il y a une accalmie en matière de braconnage dans les différents parcs nationaux, parce que la saison cynégétique 2020 a été suspendue sur l’ensemble du territoire par le ministre des Forêts et de la Faune. « Ce qui a permis aux écogardes de ne plus trop manipuler le gibier. Les braconniers aussi se sont rétractés, car les scientifiques ont démontré que le coronavirus avait pour principaux vecteurs les animaux », a expliqué M. Tabue Mbobda. N’empêche, les écogardes du Cameroun (plus de 1000 selon les sources officielles) doivent faire face aux menaces des communautés locales qui ne voient pas toujours d’un bon œil leurs opérations anti-braconnage. Pourtant, des efforts sont faits ces dernières années pour améliorer les relations avec ces communautés. A date, plus de 500 écogardes ont été formés au respect des droits humains, avec le soutien de WWF Cameroun, de la Commission nationale des droits de l’Homme et du Barreau camerounais. Leurs conditions de travail ne sont pas des plus reluisantes. Selon leur porte-parole, la plupart d’entre eux exercent leurs fonctions loin de leurs familles, sans assurance et dans des conditions de logement et de santé « déplorables ». L’on estime également à 12 le nombre d’écogardes camerounais tués par les braconniers de 2010 à ce jour. Actuellement, WWF Cameroun et l’Association camerounaise des rangers ont engagé un projet de souscription d’une police d’assurance au bénéfice des écogardes. Trois offres ont déjà été déposées auprès de l’Ong et portent sur l’assurance-vie, l’invalidité et la prise en charge des soins. « Si ce dossier aboutit, ce serait une source de motivation pour les écogardes », conclut Roger Bruno Tabue Mbobda.

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