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Des débouchés de premier ordre

De par son poids démographique et sa proximité avec le Cameroun, le Nigeria est un vaste marché à ex

En 2015, selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le Cameroun a exporté pour plus de 25 milliards de Fcfa vers le Nigéria. Dans le même temps, le Cameroun a importé du Nigéria des produits d’une valeur de plus de 433 milliards. La balance commerciale Cameroun-Nigeria était déficitaire de 408,127 milliards. Pourtant, ce pays offre de nombreux débouchés pour les pro- ducteurs nationaux, d’autant plus que les produits locaux y sont demandés. Le tableau des échanges entre les deux pays est édifiant. Le Cameroun vend du riz au Nigeria. Les quantités exportées sont en nette augmentation. En 2015, 4 903 tonnes de riz ont été exportées vers le Nigeria pour une valeur de 1,373 milliards contre 410 tonnes en 2012 pour 124 millions. Les quantités de carburant exportées évoluent en dents de scie. On est passé de 44 380 tonnes de lubrifiant exportées en 2014 contre 5008 tonnes exportées en 2015 pour une valeur de 1,375 milliards. L’exportation de barres en fer ou en aciers non alliés a rapporté au Cameroun 8,610 milliards en 2015. D’autres produits sont exportés comme le savon, l’aluminium brut, les instruments et appareils de géodésie et bien d’autres. Le voisin nigérian exporte vers le Cameroun principalement des hydrocarbures. En 2015, le Cameroun a importé des hydrocarbures du Nigeria pour 423,127 milliards, pour un volume global d’importations de 433,226 milliards. D’autres produits en provenance du Nigeria inondent le marché camerounais tels les boissons, des matières plastiques, des automobiles, des ouvrages en verre, etc. Pourtant le Cameroun peut faire mieux. En effet, le Nigeria, avec 182,2 millions d’habitants en 2015 selon la Banque mondiale, est quatre fois plus peuplé que la sous-région CEMAC dont la population est estimée à 44,1 millions d’habitants. En outre, le Cameroun dispose de plu- sieurs atouts pour accroître le volume de ses exportations vers son voisin. L’agriculture constitue à cet effet un bon filon. Le Nigeria importe plusieurs denrées alimentaires du Cameroun. Certaines d’entre elles servent de matières premières pour l’industrie cosmétique et agro-alimentaire, notamment l’Okok ou Eru et les amandes de mangue sauvage. Par ailleurs, le Cameroun et le Nigeria sont liés par un accord commercial signé le 6 février 1963 et révisé deux fois : le 13 janvier 1982 et le 11 avril 2014 à Yaoundé. Ce cadre de coopération, dépourvu de barrières non tarifaires, se présente comme une chance pour le Cameroun. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, avait présenté le marché nigérian comme « un débouché de premier ordre pour les produits camerounais, agricoles ou manufacturés », dans un communiqué publié dans le quotidien Cameroon Tribune, le 14 avril 2014. Lors des journées de sensibilisation suite à cet accord, il avait renchérit : « Le Cameroun a des atouts et une expertise à faire valoir dans le vaste marché que constitue le Nigeria ». Encore faut-il accroître la production locale et améliorer la gestion de la frontière longue de plus de 1400Km. Cette mesure permettra un meilleur encadrement de l’activité économique dans cette zone et contribuera à répertorier toutes les opérations qui se font au marché noir.

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