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Hôtellerie et restauration: Légère détente sur les caisses

D’après les acteurs du secteur, l’impact de l’exonération de la taxe de séjour sera mieux apprécié avec le retour des clients.

L e 28 avril dernier, le syndicat patronal des industries de l’hôtellerie et du tourisme (Spiht), conduit par sa présidente, Chantal Lewat, a eu une rencontre avec le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, à Yaoundé. A l’occasion, les opérateurs de ce secteur ont exprimé leurs doléances pour un retour à la normale dans les activités. A l’occasion, Mme Lewat avait d’ailleurs indiqué qu’une pause fiscale était nécessaire, notamment l’allègement des cotisations sociales, l’allègement des taxes et autres impôts. Un vœu devenu réalité. Deux jours après la rencontre de l’Immeuble étoile, soit le 30 avril dernier, le président de la République a pris une mesure pour soulager les opérateurs du secteur de l’hôtellerie. Celle-ci prescrit l’exonération de la taxe de séjour dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration pour le reste de l’exercice 2020, à compter du mois de mars. La taxe de séjour (adossée sur chaque nuitée en fonction du standing de l’hôtel) est supportée par les clients (hommes d’affaires, étrangers, voyageurs…). Dans la pratique, certains responsables d’hôtels choisissent de régler cette taxe à l’avance, pour éviter d’éventuelles tracasseries. D’où tout l’intérêt de la récente exonération fiscale, sur la trésorerie de ces établissements quasiment à l’arrêt du fait du covid-19. D’après le syndicat hôtelier, près de 1000 structures d’hébergement étaient déjà au bord de la fermeture. « Nous avons des engagements que nous ne parvenons pas à honorer. Certains d’entre nous ont même payé la taxe de séjour au titre du mois de mars dernier. Le hic maintenant, c’est qu’il sera difficile pour l’administration fiscale de nous la rembourser », explique Richard Talla Mbou, directeur de l’hôtel Altitel à Bafoussam. Avant d’ajouter qu’« il faut que les activités reprennent pour que nous puissions réellement percevoir les premières retombées économiques de l’exonération de la taxe de séjour. Même s’il y a des facilités, tant que les activités sont au point mort, le problème n’est pas résolu ». Le directeur du cabinet d’expertise comptable Strategikonseil Africa, Richard Tina, abonde dans le même sens. « A partir du moment où les mouvements des personnes n’ont pas repris, l’établissement hôtelier ne profite en rien. L’impact est faible. Même si cette exonération rend l’hôtel plus compétitif, elle ne peut pas lui permettre de se relever », analyse l’expert-comptable. D’après le rapport annuel 2018 de la direction générale des Impôts, la branche « hébergement et restauration » représentait 0,5% des recettes fiscales non pétrolières, soit 9,981 milliards de F. La loi de finances 2020 prévoyait que le produit de la taxe de séjour soit réparti entre l’Etat (35%), le compte d’affectation spéciale pour le soutien et le développement des activités de tourisme et des loisirs (35%) et la commune du lieu de situation de l’établissement d’hébergement (30%). L’exonération récemment décidée par les pouvoirs publics annule cette source de recettes. Tandis que, pour les établissements classés et non classés, les exploitants des appartements meublés concernés par la circulaire du 21 février 2020 précisant les modalités d’application des dispositions fiscales de la loi du 24 décembre 2019 portant loi de finances pour l’exercice 2020, les économies réalisées à ce titre, pourront être redéployées ailleurs.

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