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Un héritage à bonifier

Entre la gestion du patrimoine existant et de nouvelles possibilités d’expansion, EDC se trouve désormais à l’avant-garde de la politique énergétique.

Pas moins de huit missions sont clairement spécifiées dans le nouveau cahier de charges d’Electricity Development Corporation (EDC), tel qu’établi par les décrets présidentiels du 4 mai dernier, portant respectivement réorganisation et validation des statuts de cette entreprise du secteur public. Après évaluation de la portée des nouvelles missions qui lui sont assignées, l’unanimité se fait presque parfaite au sein de la communauté des analystes et observateurs du marché de l’énergie électrique au Cameroun, pour dire qu’EDC est désormais la véritable plaque tournante du secteur. Sa nouvelle influence s’étend en effet depuis les études de faisabilité et le counseling, jusqu’à la commercialisation de l’énergie, en passant par la recherche des investisseurs et autres partenaires techniques… Sur le plan technique, le portefeuille de l’entreprise s’est engraissé d’un important patrimoine, qu’il faut pouvoir entretenir, rentabiliser et bonifier. C’est le cas, par exemple, des centrales thermiques, dont la gestion était auparavant concédée à Eneo. Dans le cadre du Programme thermite d’urgence, il sera question de restaurer ces infrastructures pour la plupart tombées en décrépitude depuis des mois ou carrément des années. Dans la région de l’Est, isolée des deux réseaux interconnectés du pays, leur état de délabrement est en grande partie responsable des coupures endémiques d’énergie. Les mêmes préoccupations concernent la gestion des infrastructures hydroélectriques existantes. Autant les quatre barrage réservoirs (Lom Pangar, Mape, Bamendjin, Mbakaou), que les principaux barrages de production (Songloulou, Edéa, Lagdo) nécessitent, sinon de nouveaux investissements, tout au moins un grand coup de rénovation, voire de réhabilitation. La plus récente de ces infrastructures, le barrage de Memve’ele, quant à elle, passe aussi au portefeuille EDC. Loin de l’obésité pachydermique ou handicapante, l’entreprise peut compter sur les mesures de capacitation que lui confère son nouveau statut. La vente directe de l’énergie aux distributeurs, la gestion des eaux de la Sanaga amont et leur vente aux exploitants de barrages en aval, la récolte des droits d’eau auprès desdits exploitants, tout comme la possibilité de créer de nouvelles filiales ou de rechercher pour son compte des partenaires techniques et financiers extérieurs ou nationaux, sont autant de moyens que l’Etat, seul actionnaire d’EDC (avec toutefois la possibilité d’une ouverture du capital à d’autres souscripteurs), donne à l’entreprise, pour qu’elle puisse mener à bien sa part de rôle dans la politique énergétique nationale.

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