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Masques de protection, gels hydro-alcooliques, etc.La riposte du made in Cameroon

Ayant flairé le bon filon, les entrepreneurs locaux se sont lancés dans d’importantes productions, en comptant notamment sur la compétitivité-prix pour se positionner.

L es nouvelles qui viennent de la Chine, au sujet des masques de protection contre le nouveau coronavirus ne sont pas rassurantes. Entre des Etats qui se livrent concurrence pour recevoir des cargaisons de masques, et d’autres qui saisissent des masques à destination d’autres pays, difficile de se frayer une place dans le carnet de commandes des entreprises chinoises. Alors que l’empire du Milieu est devenu « l’atelier du monde » pour la production des masques et que cette solution coûte de plus en cher du fait de la forte demande, les ateliers locaux de couture sont entrés en production. Dans les rues de la ville de Yaoundé, le « masque conventionnel » a fait place au masque made in Cameroon. Entre une solution qui se fait rare et dont le prix peut aller jusqu’à 2000 F l’unité, et une autre disponible et accessible à partir de 500 F, le choix est vite fait, explique Valentin N. cadre dans une entreprise. En effet, selon le constat fait par la Brigade de contrôle des prix et de répression des fraudes du ministère du Commerce (Mincommerce), le prix d’un carton de 50 masques qui coûtait 15 000 F avant la crise a été multiplié par trois. En outre, du fait du caractère « hautement périssable » des masques importés (ils servent en moyenne pour une durée de trois heures), les opérateurs locaux de la filière textile et couture se retrouvent devant un marché potentiel de plus de 22 millions de personnes. Et l’offre locale sera davantage renforcée grâce à une production supplémentaire de 15 millions de masques par mois, par la Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM).

En dehors des masques de protection, l’autre star incontestée de la riposte au covid-19 s’appelle le gel hydro-alcoolique. Tout comme pour les masques de protection, les responsables du Mincommerce ont constaté que les prix de la solution ont flambé sur fond de forte demande. Par exemple, le flacon de 125 ml de cette substance, vendu normalement au prix de 1000 F se vend à 4 000 F. Flairant le bon filon, les entrepreneurs locaux ont commencé à inonder le marché de solutions à moindre coût. D’autres structures ont entrepris une production à grande échelle, notamment les universités de Maroua et de Douala en première ligne. La production de l’Institut universitaire de technologie (IUT) de l’université de Douala a plus d’un argument pour convaincre. Son prix, à partir de 300 F et ses différents formats (de 60 ml à 250 ml) rendent ces gels hydro-alcooliques plus compétitifs que les solutions importées. La demande sans cesse croissante sur fond de riposte contre la pandémie de covid-19 a amené l’IUT à augmenter sa production. Pour le seul format de 100 ml, la structure met sur le marché 2500 flacons par jour pour une production globale quotidienne estimée à 250 litres. Sur le segment curatif, la production locale a aussi des compétences à faire valoir. L’Institut de recherches médicales et d’étude des plantes médicinales (IMPM) entre en scène avec une capacité de production de 6000 comprimés de chloroquine par minute et de l’azithromycine. Deux médicaments expérimentés dans le traitement du covid-19 et que les consommateurs espèrent à faible coût.

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