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Sortie de devises: Nouveau tour de vis de la BEAC

Après avoir rehaussé son taux directeur en mars dernier, la Banque centrale vient d’annoncer la rédu

Avec la crise qui affecte les pays de la CEMAC depuis 2014, la situa- tion des réserves de change de la sous-région est scrutée à la loupe. Normal, elles ont chuté depuis lors, du fait de la baisse des cours du pétrole brut sur le marché international. Matière première exportée par cinq des six pays de la zone. Le niveau des réserves de change de la CEMAC (55% à mai 2017), même s’il n’est pas « alarmant » de l’avis du gou- verneur de la Banque centrale, Abbas Mahamat Tolli, parce qu’encore supérieur à la norme statutaire de 20%, nécessite qu’on anticipe déjà pour éviter de franchir le seuil critique. Les économies de la zone étant très peu diversifiées, les Etats dépensent d’importantes de- vises pour l’achat des biens importés. D’après les don- nées de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, sur 100 millions de F injectés dans le système pour financer l’éco- nomie, 80 millions sortent. Or, explique Abbas Mahamat Tolli, « si vous importez beaucoup, dans un régime de change fixe, Le BEAC joue la carte de la prudence et de l’anticipation dans la gestion des réserves de change. ça peut affecter la soutenabilité de votre monnaie à l’étranger ». Pour ralentir cette sortie de devises qui affecte les réserves de change de la sous-région et en même temps éviter un trop plein de liquidités dans le système, la BEAC a choisi de n’injecter que ce qu’il faut. Pas plus pas moins. En mars dernier déjà, la BEAC a relevé son taux directeur de 50 points, le faisant passer de 2,45 à 2,95%. Une mesure qui s’est ajoutée au gel des plafonds d’avances statutaires aux Etats 80% des devises injectées dans le système sortent pour l’achat des biens importés. et au maintien des objectifs de refinancement des banques. Lundi 22 mai 2017, au terme d’une session extraordinaire de son Comité de politique mo- nétaire, la Banque centrale a pris de nouvelles mesures pour consolider les réserves. Premiè- rement, elle a réduit de 20% les objectifs de refinancement de deux pays dont la position en Compte d’opérations est débitrice. Deuxièmement, tout pays dont la position en Compte d’opérations serait créditrice mais dont le ratio du solde en compte d’opérations sur la circulation fiduciaire serait inférieur au seuil minimal de 15% subira une baisse automa- tique de 10% de son objectif de refinancement. Et si après coup, la position du pays en Compte d’opérations passe de créditrice à débitrice, la Banque centrale prévoit une réduction complémentaire de 10% de l’objectif de refinance- ment de cet Etat. Ces mesures de politique monétaire, qui sont complémentaires aux efforts d’ajustement budgétaire des Etats membres de la CEMAC devraient permettre aux ré- serves de change de retrouver un niveau plus confortable.

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