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Covid-19: Nouveau choc pour les économies de la CEMAC

Alors que la sous-région était engagée dans la mise en œuvre de réformes pour redresser son économie auparavant affaiblie par le choc pétrolier de 2014, voici qu’un virus gâche tout.

L es dirigeants des six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) étaient jusqu’ici habitués à des années qui se suivent, sans forcément se ressembler. Sauf que là, 2020, loin, très loin de l’année écoulée est si particulière qu’elle a démarré sur fond de crise. Ce n’est plus la faute au « maudit » pétrole cette fois, mais à un nouveau virus qui menace de déstabiliser toute l’économie mondiale. Comme pour ne rien arranger, la pandémie du coronavirus (Covid-19) à accélérer la chute des cours de l’or noir, dont la courbe peinait encore à retrouver le niveau d’avant juin 2014, soit un baril à plus de 100 dollars. Aujourd’hui vendu en dessous des modestes projections des pays producteurs, c’est la santé des finances publiques qui est à nouveau sujet de préoccupation. S’agissant de l’Etat du Cameroun notamment, la loi de Finances pour l’exercice en cours dont l’enveloppe budgétaire s’élève à 4951,7 milliards de F, repose sur une hypothèse du cours du baril à 54,4 dollars. « Là, nous sommes à moins de trente dollars et vous comprenez que la conséquence est immédiate », a expliqué le ministre des Finances de la République du Cameroun, Louis Paul Motaze, au sortir d’une réunion avec ses homologues des cinq autres pays de la zone samedi dernier à Brazzaville (République du Congo) pour évaluer les répercussions de la crise sanitaire et définir les réponses à y apporter sur un plan purement économique. Surtout qu’à la baisse inévitable des recettes pétrolières due à cette baisse des cours sur le marché international, les recettes douanières, subiront, elles aussi une cure, dans un contexte de fermeture des frontières et donc de réduction du volume des échanges entre pays.

Prévisions revues à la baisse

Ce que sera l’économie de la CEMAC après le contrôle de la pandémie de Covid-19, difficile pour l’heure d’être fixé car tout dépendra de la durée de celle-ci. C’est sur la base de ce facteur, couplé à la réponse internationale que le Comité de politique monétaire de la BEAC a revu ses prévisions concernant la sous-région. Après avoir pointé à 1,8% en 2018 et 2,5% en 2019, le taux de croissance devrait enregistrer une forte baisse cette année, voire une récession, prédit la Banque centrale. Une remontée des tensions inflationnistes est aussi à prévoir, en deçà tout de même du seuil communautaire de 3%. Le déficit du compte courant se creuserait davantage, tandis que le solde budgétaire, base engagements devrait se dégrader pour redevenir négatif. La masse monétaire quant à elle, augmenterait, pour un taux de couverture extérieure de la monnaie qui évoluerait également à la baisse.

Réallocation des ressources

Il convient donc, face à la nouvelle menace, de s’ajuster. Notamment, revoir les priorités et y adjoindre les ressources conséquentes. La session extraordinaire du Comité de pilotage du Programme des Réformes économiques et financières de la CEMAC a entre autres recommandé aux pays d’adopter dans les plus brefs délais, des lois de finances rectificative. La riposte contre la pandémie et le soutien au tissu économique émergent comme les nouveaux pôles prioritaires de dépenses dans les différents pays.

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