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Produits de grande consommation: Quand la spéculation s’invite à la table

Dans les marchés, poissonneries et pharmacies, la vigilance doit être permanente pour contrer les velléités des commerçants véreux.

Un autre ennemi se profile dans la lutte contre le coronavirus : la spéculation. Activité consistant à tirer profit par anticipation de l’évolution à court, moyen ou long terme du niveau général des prix en vue d’en tirer un bénéfice, la spéculation dessert et appauvrit le consommateur. Au fur et à mesure que l’Etat compte les cas de coronavirus, certains commerçants, mus par le profit tous azimuts, montent les enchères. Au marché du Mfoundi, principal lieu d’approvisionnement en vivres frais de la ville de Yaoundé, le prix du seau de gingembre habituellement fixé à 500 F a triplé, tandis qu’un citron se vend à 100 F. Les revendeurs des marchés de moindre envergure, eux, proposent trois citrons à 500 F. De quoi frapper du poing sur la table. Réunis le 27 mars dernier, le délégué départemental du ministère du Commerce (Mincommerce) pour le Mfoundi, Joseph Pierre Zambo Manga, et les responsables des marchés de cette unité administrative ont échangé sur la spéculation observée sur les produits du cru, principalement ceux annoncés comme ayant des vertus thérapeutiques contre le covid 19. Après échanges, certains commerçants ont mis en avant « la rareté du gingembre qui remonte au mois de novembre 2019 et les prix du citron qui sont naturellement élevés au cours des mois de mars et de mai chaque année ».

Mais il y a le discours et la réalité. Une flambée sans précédent des prix se vit dans les pharmacies, notamment concernant les gels hydro-alcooliques dont le coût de certains est passé de 1000 F à 3500 F. Aline Barbara Elemva-Amvama, chef de la brigade nationale des contrôles et de la répression des fraudes au Mincommerce, a constaté que le carton de masques jetables vendu en début de mois à 15 000 F coûte désormais 45 000 F. Egalement sur le terrain, le Mincommerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a visité des entrepôts, ce qui lui a permis de constater la disponibilité des produits de grande consommation. D’après lui, les stocks de denrées de première nécessité pourraient couvrir une période allant de trois à quatre mois. 191 265 tonnes de riz et 100 302 tonnes de pâtes alimentaires ont été recensées, tandis que le stock de poisson s’élève à 40 718 tonnes pour 2165 tonnes de lait. Point de raison donc, d’hausser des prix ni de dissimuler des stocks. D’ailleurs, la loi n°2015/018 du 21 décembre 2015 régissant l’activité commerciale au Cameroun le condamne. Elle prévoit des sanctions pécuniaires qui peuvent aller jusqu’à 10% du chiffre d’affaires annuel réalisé par le commerçant et des sanctions pénales assorties d’une peine d’emprisonnement et de la suspension de l’activité du commerçant en cause.

C’est sur la base de cet instrument juridique que le Mincommerce a procédé le 25 mars dernier, à la fermeture d’une boutique et d’un entrepôt de la société de distribution SOMAFILS au marché central et au quartier Elig-Essono à Yaoundé, pour hausse illicite des coûts de certains produits de grande consommation, notamment le riz et le sucre. Avant cette enseigne, les magasins SOREPCO et SOTRACODIM ont reçu des sanctions pour dissimulation de stocks. Dans les grandes surfaces, c’est un peu le statu quo. En inspectant le supermarché Carrefour Market le 26 mars dernier, le Mincommerce s’est assuré que les rayons sont approvisionnés en produits locaux ou importés et les prix respectés. Des dires du responsable de cette surface, il n’y a aucun risque de pénurie pour les semaines à venir et les baisses de prix lancées depuis l’ouverture du supermarché se poursuivront.

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