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littoral: Il faut sauver le lac Ossa

Les activités de pêche non contrôlée, l’agriculture non durable, la pollution plastique et chimique, menacent les ressources biologiques et halieutiques de la zone humide.

L a descente effectuée par les responsables du ministère en charge de l’environnement le 20 février dernier sur le site du lac Ossa, dans l’arrondissement de Dizangué, département de la Sanaga Maritime, région du Littoral, a permis de prendre conscience que la biodiversité du plus grand lac intérieur du pays est en danger. Entre 2017 et 2020, la Salvinia Molesta, une plante envahissante, a réussi à recouvrir 20 à 25% de la surface du lac Ossa. Par ailleurs, la population de lamantins qui était estimée à environ 150 à 200 entre 2015 et 2016 dans cette zone humide (classée depuis 2018 au patrimoine du parc national de Douala-Edéa) a régressé à 50 individus à peine selon l’Ong African Marine Mammal Conservation Organization (Ammco).

Les autres menaces qui pèsent sur le lac sont la pêche excessive ou non contrôlée, la pollution chimique et plastique, les activités agricoles non durables en bordure du lac, qui favorisent l’envasement et la diminution de la profondeur de l’eau. La pression foncière n’est pas en reste. L’Ong Ammco révèle que la réserve de faune du lac Ossa est entourée d’entreprises agro-industrielles comme la Socapalm ou encore l’une des plus importantes sociétés d’exploitation forestière et agricole au Cameroun, la Safacam, dont les activités créent une véritable faim d’espace et obligent les populations à abandonner les pratiques de jachère.

Malgré les menaces, des actions sont en cours pour préserver sa durabilité. Il s’agit entre autres du projet « Appui à la préservation des écosystèmes locaux et de la biodiversité dans la commune de Dizangué », mis en œuvre par le Centre d’appui aux initiatives de développement local avec le financement du Pnud, de décembre 2017 à août 2019. En termes de résultats, quatre pépinières de 5000 plants d’essences diverses sont en cours de création, afin de reboiser deux hectares d’espaces dénudés. Les essences concernées : le teck (500 plants), l’azobe (500 plants), le ndo’o (500 plants), le fraké (500 plants), le safoutier (1000 plants), le cacaoyer (3000 plants), le quinqueliba (1000 plants), le manguier (1000 plants), l’avocatier (1000 plants) et le corossolier (1000 plants). Le processus d’appui-accompagnement des agriculteurs à la réalisation des champs suivant les techniques biologiques durables a permis, dans sa première phase, de mettre en place quatre hectares de maïs, pour 59 bénéficiaires, dont 35 femmes et 24 hommes, etc.

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