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Le fixe n’a pas décroché...

Qui utilise encore le téléphone fixe dans nos villes et campagnes de nos jours ? Dans un contexte où le mobile a bouleversé les mœurs, les habitudes, cette interrogation s’apparente un peu à une colle. Même les spécialistes éprouvent de la gêne, de l’embarras quand il faut apporter une réponse à cette préoccupa- tion. Les données, sans cesse en recul selon des sources, sont difficiles à rassembler. Les statistiques disponibles révèlent la menace qui pèse sur le secteur. Il revient sur toutes les lèvres de nos interlocuteurs que le fixe perd du terrain. Le mobile est en train de le déclasser... Dans certains milieux, on n’en parle plus. On l’a déjà rangé aux oubliettes. La preuve ? Les cabines téléphoniques à l’ancienne n’existent plus. Les promoteurs se sont convertis à d’autres métiers ou ont migré vers les activités connexes qu’offre le mobile. L’irrésistible décadence du fixe est vécue même dans les domiciles privés, où l’on pensait qu’il pouvait trouver refuge et entretenir une certaine intimité. Là aussi, il n’a plus de place. Ou il se fait discret. Ses utilisateurs se comptent sur les doigts d’une main. Seules les administrations et rares entreprises, au relent nostalgique, conservent encore cet outil dans leur patrimoine. D’aucuns le considèrent tout simplement comme un vestige rangé dans des coins obscurs de bureaux, au milieu des paperasses et archives moisies. Mais, le fixe mérite-t-il ce peu de considération de la part des agents économiques ; entreprises, administrations publiques, et ménages (particuliers) ? Est-il si inutile ? Il est à reconnaître que le fixe a quand même laissé quelques pratiques encore usuelles lors de nos échanges téléphoniques. Les différentes formes de politesse, par exemple, ou certains tics tels que « Allo ! »... que nous répétons automatiquement au bout du fil... Pour être plus sérieux, les experts s’accordent à reconnaître que la relation profession- nelle rappelle que le fixe a encore de beaux jours, de par son rôle et son utilité. Le fixe reste et restera au carrefour des échanges en entreprise, au sein de l’administration. Il consacre le rôle du secrétariat qui constitue la porte d’entrée dans les institutions et les entreprises. Dans le contexte national, que faisons-nous du fixe lorsqu’il existe dans notre milieu professionnel ? Il est arrivé à maintes reprises qu’ici on ne le décroche plus. Là-bas qu’on ne réponde sans aucune forme de politesse à son correspondant. Les appels longs et abusifs, pratique de certains employés et agents de l’Etat, ont fini par décourager les clients ou usagers téméraires qui ont souvent recours à cet outil pour être servis. Dans les entreprises, le fixe est un outil au cœur du marketing et des relations publiques. C’est la première vitrine des institutions, le premier repère lorsqu’on est en quête d’infor- mations officielles, fiables, crédibles. Pour les ménages, c’est un moyen sûr et constant qui ne perd pas de batteries, ni de réseau... C’est dans la sphère privée que le fixe se monstre encore plus utile. Il a longtemps conservé sa petite place dans un coin du salon et a toujours laissé le loisir à ses utilisateurs de conserver une certaine intimité. Et même une marge de liberté. Il était quand même rare de recevoir de coups de fil à certaines heures. Contrairement au mobile qui ne s’autorise aucune limite. Le portable ne lâche pas d’une semelle son détenteur : à l’Eglise, à la mosquée, à la morgue, dans les marchés, les réunions, même dans les lieux intimes... Les désagréments provoqués sont une goutte d’eau dans l’océan des avantages offerts. On n’arrête pas l’évolution ! Mais, le fixe n’a pas décroché. Il s’accroche. Dans les pays développés et les entreprises qui ont conscience du poids de cette porte d’entrée, le fixe est au centre des politiques publiques et com- merciales. Et les opérateurs ou opératrices sont formés, valorisés. Ils ont l’obligation d’un certain professionnalisme. Car, il reste la première clé des relations publiques. Il ne faut donc pas jeter le fixe aux orties ; la modernité qu’offre le mobile, instrument personnel par excellence, ne doit pas faire perdre de vue ce que le fixe est en soi.

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