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Le grand chantier

Sur sa lancée vers l’émergence économique projetée à l’horizon 2035, le Cameroun s’est aussi engagé dans une vaste campagne d’investissement dans les domaines énergétique et de l’eau potable.

Dimanche, 22 mars dernier, le Cameroun s’est joint au reste du monde pour célébrer la Journée mondiale de l’eau. Pour son édition 2020, cette commémoration a cristallisé les attentions autour de l’indissociable lien qui existe entre l’eau et les changements climatiques. Cette thématique est certes loin des berges de l’économie pure, mais elle vient tout simplement nous rappeler l’adage populaire qui affirme fort à propos que « l’eau c’est la vie ». Dans un autre rapport de corrélation, il apparaît évident que le secteur de l’eau est tout aussi lié à celui de l’énergie, non seulement pour leur valeur sociale partagée, ou le fait que l’une peut permettre de produire l’autre, mais plus pour leur portée économique, notamment dans les pays en quête de développement comme le Cameroun.

Sur ce, les experts et les observateurs de la scène économique mondiale font remarquer qu’en ce 21e siècle, plus que jamais par le passé, l’énergie, qu’elle soit nucléaire, hydroélectrique, fossile, etc., est le sang de l’industrie. Rapportée au microcosme national, cette réalité est tout aussi pertinente. Elle se traduit notamment dans les discours politiques – cf discours d’investiture du président de la République Paul Biya devant l’Assemblée nationale, après sa réélection en octobre 2018 – qui situent le développement du secteur énergétique au cœur même de la politique nationale d’industrialisation. Ceci, grâce notamment au développement de divers projets hydroélectriques à l’effet malheureusement toujours escompté sur la petite économie et les ménages moyens. Des initiatives qui, en somme, font difficilement de l’ombre à un certain nombre de projets dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable qui, eux-aussi, au-delà des bonnes intentions politiques de leurs initiateurs et au regard de leur évolution pas toujours satisfaisante, suscitent le questionnement : Quels sont les besoins réels du pays dans ces domaines ? De quelle efficacité sont les projets déjà achevés ? Où en sont les chantiers en cours ? Peuvent-ils résorber définitivement une demande sans cesse croissante au rythme de la poussée démographique et de l’urbanisation ?

Pour ce qui est de la capacité installée nationale en énergie électrique, elle est estimée à environ 1360 MW. Elle intègre aussi bien la capacité des barrages hydroélectriques opérationnels, les centrales à gaz, les centrales thermiques, que les installations d’énergie solaire disséminés à travers le pays. Ce chiffre est rendu possible grâce à des infrastructures toutes nouvelles comme le barrage de Memve’ele (211 MW dont 60 MW déjà injectés dans le réseau interconnecté sud dans les villes d’Ebolowa, Mbalmayo et Yaoundé) et Mekin (15 MW) dans la région du Sud, Lom-Pangar (un bassin réservoir de 6 milliards de m3, 150 MW de puissance supplémentaire garantie pour les barrages en aval, une usine de pied de 30 MW). Ces nouvelles infrastructures viennent s’ajouter à un parc déjà existant, qui inclut notamment les barrages hydroélectriques de Songloulou, Edéa, Lagdo, de la Mape, mais dont la production avait visiblement besoin d’être renforcée. A ce sujet, des sources concordantes situent le taux d’accès à l’électricité au Cameroun autour de 62%. De même, dans le secteur de l’approvisionnement en eau potable, il est rapporté que 77% des habitants des villes ont accès à la précieuse denrée, pour 45% en zones rurales. Dans le deuxième pays le mieux arrosé du bassin du Congo, cette réalité ne peut laisser personne indifférent. Autant dans le secteur énergétique que de l’approvisionnement en eau potable, ces préoccupations sont au centre d’un vaste programme d’investissement inscrit dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi.

La parfaite illustration de la volonté du Cameroun de renverser la vague des insuffisances dans ces secteurs névralgiques est visible dans la ville de Batchenga, aux pieds des chutes de Nachtigal. C’est ici que prennent concomitamment corps le projet d’aménagement du barrage de Nachtigal amont (420 MW, une ligne de transport de l’énergie de 400 KV, 786 milliards de F d’investissement, plus de 22% de taux de réalisation, mise en service du premier groupe en octobre 2022, mise en service définitive un an plus tard) et le Projet d’approvisionnement en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs (Paepys : 300 000 m3/jour de capacité extensible à 400 000 m3/jour, 62,3% de réalisation au 7 août 2019). A l’évocation de ces projets, l’espoir des Yaoundéens, de même que celui des Camerounais de tous bords, c’est que l’électricité cesse d’être un cauchemar et l’eau potable une envie insatisfaite. Les barrages de Bini à Warak et de la Menchum, tout comme les projets d’adduction d’eau dans les villes, grandes, moyennes ou petites (Bamenda, Bafoussam, Edéa, Kribi, Sangmelima, Bertoua, Ngaoundéré, Obala, Ntui, Soa, Messamena, Ketté, Bot Makak, Akom II, Yabassi, Dschang, Maroua, Garoua-Boulaï, Olamze, Mvengue, etc.) sont là pour entretenir l’attente de lendemains plus clairs et mieux arrosés.

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