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Pour une meilleure organisation…

Que retenir de la troisième édition de la Conférence internationale d’investissement des mines et d’exhibition du Cameroun (CIMEC) qui s’achève ce jour ? 1000 exposants, délégués et panélistes ont exploré l’énorme potentiel minier camerounais. 300 nouvelles anomalies et indices ont été présentés aux investisseurs venus des quatre coins du monde. Le gouvernement à travers le Programme de renforcement de capacités dans le secteur minier (PRECASEM) et la Banque mondiale qui a financé les travaux de cette recherche, peuvent se féliciter. Au bout de cinq ans de recherche, les résultats ont permis de relever des anomalies et indices de minerais tels que l’uranium, l’or, le cobalt, le nickel, le manganèse, le zinc, les terres rares… Les travaux d’exploration ont été effectués dans sept régions du pays : Adamaoua, Centre, Est, Extrême-Nord, Nord, Ouest et Nord-Ouest. Bien que la moisson au bout du processus soit abondante, on peut dire que le sous-sol camerounais, partiellement exploré, n’a pas encore révélé tous ses secrets. Mais que rapporte l’exploitation minière aux localités concernées et à l’économie nationale ? L’on sait que les pouvoirs publics ont défini un cadre législatif et réglementaire attractif et incitatif pour tous les acteurs. Le nouveau Code minier, par exemple, revu en 2016, apporte des réponses claires et précises aux préoccupations des investisseurs. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la contribution du secteur minier au Produit intérieur brut (PIB), située autour de moins 2%, est encore insignifiante. Malgré les efforts du Cadre d’appui pour la promotion de l’artisanat minier (CAPAM), structure mise en place par le gouvernement, les problèmes liés à la canalisation de l’exploitation de l’artisanat minier ou de la petite mécanisation, encore appelée la mécanisation un peu plus poussée de l’artisanat minier, restent prégnants. Les trafiquants clandestins, issus d’horizons divers, parasitent encore les circuits formels de la production minière. La preuve : la récente saisie de 60 kg d’or à l’aéroport international de Douala. Certains sites d’exploitation, par exemple, sont situés à proximité de la République centrafricaine, un pays voisin déstabilisé par des bandes armées qui puisent leurs revenus de l’exploitation minière illégale et sans frontières. C’est ainsi qu’on les retrouve dans les localités telles que Kentzou, Ketté, Gbitti… dans le département de la Kadey, région de l’Est. De lourds soupçons sont portés sur certains sites managers du CAPAM, qui, happés par l’appât de gain, entretiendraient des réseaux clandestins, au motif que les prix pratiqués par la structure qu’ils représentent ne sont pas compétitifs sur le terrain.  Conséquences : les retombées sociales sont peu visibles et le désastre environnemental ne cesse d’accroître. La localité de Colomine, dans le département du Lom et Djerem, toujours à l’Est, est un véritable champ de désordre. Ce village présente l’image type du paradoxe de l’or. Enclavé et perdu dans la savane. Les habitats y sont précaires. Alors que les gens marchent littéralement sur l’or. Bétaré-Oya, Kambélé, Bidinba… où l’exploitation minière est séculaire ne sont pas mieux lotis. Si les gens réussissent à trafiquer et à faire le désordre dans le secteur minier, c’est parce qu’il y a des failles et complicités inexpliquées. Le gouvernement ne devrait pas relâcher ses efforts.  Le secteur minier, gisement d’emplois et de création de richesses, doit être mieux suivi, encadré, structuré et organisé. Il est bon de renforcer les dispositifs d’encadrement et d’organisation autour des artisans miniers sur le terrain. La canalisation de la production mérite tout aussi d’être revue. Il faut pouvoir pratiquer des prix concurrentiels. Les prix du CAPAM doivent, par exemple, être meilleurs que ceux proposés par les trafiquants. Dans le cas contraire, les artisans vont toujours vendre leur production dans les circuits informels. Si les investisseurs ne trouvent pas leurs comptes, il est à craindre qu’ils se convertissent en mercenaires et trafiquants illégaux. 

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