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Festi’Croch: Les chips camerounais à l’assaut du monde

Cette jeune marque, comme d’autres, a modernisé la commercialisation des plantains frits désormais e

S ur une table de restaurant à Prague, la capitale tchèque, le paquet plein de délicieuses rondelles de plantain sucré attire l’atten- tion parce qu’il est emballé comme nombre de produits alimentaires made in Cameroon : simplement. Comment ces cent soixante quinze grammes de pur plaisir, vendus à 500 Fcfa, ont-ils voyagé pour arriver là ? A Bonamoussadi, dans la banlieue nord de Douala où ils ont été apprêtés, l’on ne peut pas déterminer clairement le circuit de cette marchandise. « Nous savons que des clients qui achètent de grandes quan- tités les exportent», lâche Franck Dakayi, le promoteur de Festi’Croch, la marque de chips des établissements KRD. C’est ainsi que notre paquet a dû franchir des milliers de kilomètres pour servir des gour- mets étrangers. L’apport de devises que promet une telle Les plantains du Moungo se vendent bien. activité bientôt tournée vers l’extérieur devrait succéder à un développement réel de cette Pme qui croît aux côtés d’unités économiques de la même mesure, offrant eux aussi des chips de plantain. Dans les supermarchés de Douala, les étals de friandises sont en effet de plus en plus achalandés par des marques camerounaises. Deux ans plus tôt, assure un gérant de su- permarché, l’offre se limitait à deux propositions. « Aujourd’hui, nous pouvons compter six à sept concurrents d’à peu près le même standard », indique le patron de Fes- ti’Croch, une affaire familiale que le jeune entrepreneur a reprise et modernisée après un séjour à l’étranger et une évaluation de la demande camerounaise en saveurs de plantain frit sec. Mais, c’est à partir des expé- riences d’ailleurs que M. Dakayi a en effet pu mesurer le poten- tiel de croissance de la petite fabrique de chips qui grandit et vise désormais l’exporta- tion, en même temps qu’une 5 millions Le capital qui a permis à la Pme de lancer ses activités, il y a deux ans. extension sur le marché local. D’où l’équipement en matériels modernes adaptés comme les fours électriques, l’emballage à code-barres... Il faudra encore franchir d’autres obstacles comme les exigences particulières de potentiels distributeurs (ins- cription au régime du réel par le fisc, ce qui revient à prouver que l’on a un chiffre d’affaires équivalent à 50 millions de F au moins) afin de commercer avec la jeune entreprise. Des portes à ouvrir... Festi’Croch sait cependant pouvoir compter sur la saveur du Munja, le plantain à chips des régions aux riches terres volcaniques situées le long des deux rives du Moungo. En comparaison, assure-t-il, les chips sud-américains qui alimentent le marché français et européen ne peuvent pas ravir autant les palais. Une bonne nouvelle pour qui est prêt à rentrer sur le lucratif espace commercial de l’Europe. Et peut-être bientôt d’ailleurs.

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