loader

Amélioration des recettes forestières: Ce que peuvent les communautés riveraines

Le secteur forestier est la troisième source de revenus de l’Etat. La commune de Lomié ambitionne de booster le secteur en créant un unité de transformation de bois qui fédère les communes forestières de trois départements de la région de l’Est et un du Sud.

La commune de Lomié, dans le département du Haut-Nyong, voit grand. Elle veut mettre en commun le potentiel forestier de son département et celui d’autres départements de la région de l’Est (Kadey et Boumba et Ngoko) et du Sud (Dja et Lobo) pour monter le Complexe industriel intégré de transformation du bois de Lomié (CIBLO). Elle mettra en synergie 152 forêts communautaires (608 000 hectares) et deux forêts communales (70 000 hectares), soit environ 150 000 m3 de bois en grumes pour alimenter son unité. Le projet envisage de capter 80% de la commande publique et des besoins de la sous-région en produits dérivés du bois. Il y a lieu d’être ambitieux, puisque le pays dispose du deuxième plus grand massif forestier du bassin du Congo et que près de la moitié du territoire camerounais est couvert de forêts. De manière chiffrée, l’espace forestier camerounais s’étend sur 22 millions d’hectares, soit 46,25% de la superficie du territoire national. Les communes et sociétés d’exploitation forestière peuvent se déployer sur 17,5 millions d’hectares, lesquels correspondent à l’espace forestier exploitable du pays. C’est ainsi que le rapport de performance du secteur forestier 2017 dénombre 116 unités forestières d’aménagement (UFA), parmi lesquelles 104 sont opérationnelles et mènent leurs activités sur une superficie de 6 853 206 hectares. En amont, le gouvernement camerounais a misé sur une gestion participative des ressources forestières et fauniques qui implique les populations riveraines à travers des forêts communautaires et communales. Il capte et reverse des taxes et redevances aux communautés et a transféré la gestion des réserves forestières aux collectivités territoriales décentralisées. L’Etat a recensé en 2016, 43 forêts communales classées pour une superficie de 1 224 228 hectares. Mais, d’après le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), un potentiel d’un million d’hectares existe et n’attend que des communes volontaires pour la création de nouvelles forêts. La même année, 18 d’entre elles disposaient d’un permis annuel d’opération pour une superficie cumulée de 24 197 hectares. Les forêts communautaires, elles, ont reçu 683 demandes d’attribution en 2016 sur 2 191 385 hectares. 182 certificats annuels d’exploitation ont été attribués à cette période, couvrant 28 272,5 hectares. En ce qui concerne la redistribution des revenus issus de l’exploitation des forêts, la circulaire du 28 janvier 2015 attribue 50% de la redevance forestière annuelle (RFA) à l’Etat et 50% aux communes bénéficiaires (dont 5% pour l’appui au recouvrement, 22,5% pour la centralisation au FEICOM et 22,5% pour la commune de localisation du titre d’exploitation forestière). C’est ainsi qu’entre 2000 et 2016, 198 042 045 804 F ont été perçus par l’Etat au titre de la RFA. 50% de ce montant, soit 99 021 022 902 F, ont été reversés aux communes et communauté riveraines. En 2016, ce sont 23 milliards de F qui ont été recouvrés comme taxes forestières, parmi lesquelles 4,1 milliards de F pour le compte des taxes d’abattage. Les produits forestiers non ligneux (fruits, noix, écorces, essences rotin, etc.) et les produits spéciaux, quant à eux, contribuent aux recettes publiques à hauteur de 142 millions de F par an, via la taxe de régénération.  En 2011, le secteur forestier était la troisième source de revenus pour l’Etat, après l’agriculture et le pétrole. La poursuite de sa performance repose sur le dynamisme des communes, des communautés riveraines et des sociétés d’exploitation forestières pour tracer la voie d’une industrialisation plus poussée.
 

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire