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Frontières orientales: Les activités économiques reprennent

Au lendemain de la crise sociopolitique déclenchée en République centrafricaine en mars 2013, les localités frontalières situées dans le département de la Kadey ont vu les activités économiques ralentir; voire s’arrêter dans certaines contrées. Les populations riveraines ont même réplié vers les villes plus sûres. Cette situation a porté un sérieux coup aux activités jusque-là florissantes. Conscients de cette situation, les pouvoirs publics ont pris des mesures de sécurité appropriées pour faire face aux menaces sécuritaires d’alors. Le calme observé aujourd’hui a des effets d’entrainement sur les activités économiques de ces localités frontalières. Le coomerce et les activités reprennent de plus belle dans toutes les localitiésdésertées . Comme l’a constaté CBT, à la faveur de la tournée sécuritaire que le gouverneur de l’Est, Grégoire Mvongo, a effectuée du 2 au 4 mai 2019. 

Kentzou, renaissance de plaque tournante Kentzou, chef-lieu de l’arrondissement de la Bombé, offre l’un des plus beaux visages de la reprise économique au niveau des localités frontalières avec la Centrafrique. Ici, les échanges transfrontaliers ont augmenté grâce à l’accalmie retrouvée. C’est une ville considérée comme un eldorado par nombre de Centrafricains. Un peu comme Garoua-Boulai, dans le Lom-etDjérem. Certains y sont établis et y mènent leurs affaires. Ici aussi, un poste frontière flambant neuf a été construit par les pouvoirs publics. Au-delà de la régulation de la circulation, l’objectif aussi est de capter les opportunités qu’offre cette position privilégiée. Au niveau du pont sur la Bombé, la pleine mesure d’intenses trafics est donnée. Tout passe ici. Gamboula de l’autre côté, vit aussi grâce à Kentzou. A partir de Batouri, la route, longue d’environ 75 km, qui mène à cette ville frontalière est reprofilée. « On aura de l’électricité à partir d’un champ solaire à Kentzou, qui a des salles de classe construites un peu partout. Malgré la situation, la RCA enregistre des taux de croissance entre 5% et 6%. On perçoit l’impact sur le Cameroun et les villes de Garoua-Boulai et Kentzou », a renseigné le gouverneur Grégoire Mvongo. De l’eau potable et de l’électricité à Ketté La ville de Ketté, chef-lieu de l’arrondissement éponyme, a bénéficié ces dernières années de deux projets majeurs. L’offre en énergie électrique est désormais palpable. En effet, grâce à la source photovoltaïque installée au centre-ville, la cité est éclairée la nuit tombée. Chose inexistante il y a peu. Ce projet offre des opportunités à toutes les couches sociales. L’autre projet phare dont a bénéficié cette ville, c’est l’adduction en eau potable. L’électricité, combinée à l’eau potable ont visiblement attiré des investisseurs hôteliers et immobiliers. Ce secteur croît de plus en plus dans cette ville qui se remet de la crise dont elle a aussi subi les effets néfastes. Ketté peut désormais s’offrir le luxe d’accueillir et loger aisément au moins 200 touristes. Tocktoyo, calme et trafic effectifs Ce grand village, frontalier avec la Centrafrique, dans l’arrondissement de Mbotoro dont le chef-lieu est Ouli, donne le visage d’une localité économiquement animée. Ce n’est certes pas la grande effervescence d’avant 2013, mais on s’adonne aux activités commerciales. Le long de ce centre d’affaires, des boutiques sont ouvertes. Les riverains parviennent à se ravitailler. D’après le maire Abah Levy, les recettes montent progressivement avec l’accalmie retrouvée. Juste à côté, se trouve le poste frontière de la sûreté nationale. Le gouvernement l’a construit pour capter les opportunités qu’offre cette 
localité frontalière avec l’accalmie en cours. Echanges transfrontaliers à Tamoneguezé Ici à Tamoneguezé, dans l’arrondissement de Mbotoro, les riverains sont à cheval entre le Cameroun et la Centrafrique. Les pouvoirs publics camerounais ont pris des mesures appropriées s’agissant de la sécurité. C’est ce qui pousse les uns et les autres à se mouvoir de part et d’autre des frontières communes. Certains travaillent dans les chantiers d’or ouverts de l’autre côté à Ydéré, en Centrafrique. C’est la même ambiance de reprise vécue à Bombé Pana, Bombé Bakary, dans l’arrondissement de Batouri. Ces deux villages se distinguent également par les activités d’orpaillage artisanal. Oundjiki, le nombre de bétails augmente La foule est immense ce 4 mai 2019 près de l’Ecole publique d’Oundjiki, localité située à la frontière avec la République centrafricaine. Le gouverneur Grégoire Mvongo et son état-major ont fait ici une escale. Pascal Nanga Zoumla, le directeur de l’école, affirme que ses apprenants augmentent d’année en année. Il ajoute que l’élevage aussi a repris de plus belle. Certains éleveurs qui avaient abandonné le village sont de retour avec leur bétail en attendant l’accalmie générale du côté de la Centrafrique pour des échanges transfrontaliers. Mais en interne, ça tourne. Ici aussi, comme à Tamoneguézé, certains font dans l’exploitation artisanale de l’or. Gbiti, un peu comme avant la crise Gbiti, qui avait subi les affres de la guerre, revit aussi. Au centre-ville, le commerce est bien animé, les boutiques, bien achalandées, sont ouvertes. « Ici, c’est la maison d’un orpailleur », apprend-on sur la place. Une maison qui force admiration et construite ces dernières semaines. Ce n’est pas la seule. Bien d’autres bâtisses modernes sortent de terre, donnant la preuve de ce que cette localité, l’un des poumons économiques de l’arrondissement de Ketté, revient sur la scène économique. Le long du fleuve Bombé, cette tendance est confirmée. Des Centrafricains viennent faire leurs emplettes en territoire camerounais. La traversée est effectuée par pirogue. L’élevage transfrontalier contribue à relancer l’économie. Les recettes se font ressentir sur les communes, comme le confirme le maire Emmanuel Gbanga. Le bonus ici, c’est qu’ils sont désormais éclairé grâce au champ solaire récemment installé par les pouvoirs publics. L’exploitation minière à Beke-Chantier A Beke-Chantier, ce qui frappe au premier abord, c’est le regain d’activité d’exploitation minière. Une société minière MGI Partners s’y est installée. Détentrice de cinq permis de recherche, elle mène ses activités d’exploration en toute quiétude. Un pont est d’ailleurs construit à Beke pour faciliter les transactions et le mouvement des personnes et des biens. D’après Gabriel Yadji, délégué régional des Mines, de l’Industrie et du Développement technique de l’Est, l’orpaillage est pratiqué par les riverains de ce grand village frontalier. Par ce retour, ces artisans trouvent désormais leur compte, en allant dans les différents chantiers, sans risque d’être attaqués. Ici comme ailleurs, les forces de sécurité veillent. On se souvient d’ailleurs que le Cadre d’appui à la promotion de l’artisanat minier (CAPAM) avait remis, il y a quelques années, du matériel minier aux artisans de Beke pour renforcer leur résilience et réduire la pénibilité de leur travail.
 

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