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A la bonne source...

Ce n’est pas une fable pour distraire ceux qui ont soif. La formule de bornes fontaines qui desservait des milliers de familles démunies fait son retour dans les grandes villes du pays. L’annonce est des responsables de l’entreprise Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater). Elle constitue, sans nul doute, un motif de joie pour de nombreuses familles qui éprouvent de la peine à s’offrir le précieux liquide. Trois villes pilotes sont sélectionnées pour implémenter ce retour à la fontaine… Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua, bénéficiera de 70 bornes fontaines payantes. Bertoua, capitale de la région de l’Est et Edéa, chef-lieu du département de la Sanaga Maritime dans le Littoral, en auront chacune 60. Cela fait un total de 190 bornes fontaines payantes qui contribueront à tripler l’offre actuelle dans ces trois cités, aux dires de Camwater. Et l’opération de densification de ce réseau devra s’étendre sur l’ensemble du territoire national. Les attentes sont fortes dans les métropoles et villes du pays où les puits, forages et autres points d’eau ne satisfont pas toujours la forte demande, sans cesse croissante. Le constat est que tout le monde n’a pas les moyens de s’offrir l’accès à l’eau du robinet, du fait de son coût. Les frais liés à l’aménagement d’un point d’eau potable ne sont pas non plus à la portée de toutes les bourses. La guerre des marques d’eau sur le marché national n’a pas encore totalement cassé la barrière des prix, excluant de ce fait une bonne partie de consommateurs. Or, les gens doivent boire à la bonne source. Ils doivent boire une eau potable. La volonté des pouvoirs publics de doter nos villes de bornes fontaines s’inscrit dans cette logique et contribue à l’amélioration de l’accès à l’eau potable d’un plus grand nombre de Camerounais. Les enjeux sous-jacents d’ordre sanitaire, économique et social vont au-delà de la simple volonté de satisfaire, de combler un besoin fondamental. Cette politique participe de la marche vers l’émergence. Si le gouvernement a prescrit à Camwater de revenir à la formule des bornes fontaines ayant fait ses preuves par le passé, pour améliorer le taux d’accès à l’eau potable, il revient aux autres acteurs sociaux et économiques de jouer leur partition. Les gens doivent prendre en compte le fait que la potabilisation de l’eau a un coût et qu’il faut bien consentir des sacrifices pour avoir une eau de qualité, potable. En réalisant des infrastructures collectives, les pouvoirs publics accomplissent leur devoir. L’autre préoccupation est liée à l’entretien de ces infrastructures : la pérennité de ces ouvrages doit être l’affaire de tous. L’expérience des bornes fontaines des années 80-90 devrait servir de leçon à tous les acteurs de la chaîne. L’on retient que ces ouvrages avaient cessé de fonctionner du fait des actes de vandalisme et de l’incivisme de certaines populations insolvables. Et également du manque de probité des gestionnaires de ces ouvrages. Aujourd’hui, il est question de repartir du bon pied. Et surtout pour la bonne cause, celle de la santé publique, celle de la gestion durable d’une ressource non renouvelable, celle d’un Cameroun où tout le monde a accès au service de base. Un pays où les petites et moyennes entreprises peuvent s’appuyer sur ces structures, pour se développer, croître, se développer. Et la bonne cause enfin, c’est aussi la contribution de tous et de chacun pour le bon fonctionnement et la pérennité de ces infrastructures. On pourra alors réussir ce retour à la fontaine et un plus grand nombre de personnes sera alors servi ou desservi à la bonne source. 

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