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Exploitation du bois: Les exportations des essences forestières mieux encadrées

L’encadrement des pouvoirs publics dans la gestion des forêts permettent de gérer de manière efficiente les ressources qui s’amenuisent.

Sur les 300 essences que l’on trouve au Cameroun, environ 80 sont exploitées commercialement. En 1997, sur ces 80 essences, cinq représentaient plus de la moitié de toutes les exportations de bois, et deux (Ayous et Sapelli) comptaient pour plus d’un tiers des exportations. Ces deux essences représentent près d’un demi-million de mètres cubes de grumes exportées. L’Ayous et le Sapelli étant habituellement utilisés pour la fabrication de meubles et la construction de logements. L’arrêté n°0021/MINFOF du 19 février 2018 modifiant la classification des essences forestières en lien avec l’exportation du bois est venu apporter quelques précisions dans le domaine. Un atelier sur le développement du trafic et de la filière bois au port de Kribi s’est tenu du 19 au 20 avril 2018 à l’initiative du ministère des forêts et de la Faune. La direction des forêts avait saisi l’occasion pour expliquer les changements qui venaient d’être opérés. Désormais, parmi les essences, on observe une classification bien pointue. Comme par le passé, des essences interdites à l’export sous forme de grumes figurent, avec cependant des spécifications comme le bubinga rouge, l’accajou blanc par exemple, pour mieux les distinguer. D’autres essences de promotion de première catégorie dont l’exportation est autorisée sous forme de grumes y figurent à côté des essences de promotion de deuxième catégorie. Selon Francis Onguene, spécialiste des forêts, « le bois d’œuvre compte pour plus d’un quart des recettes d’exportation hors pétrole du Cameroun, et rapporte quelque 60 millions de dollars en recettes fiscales. Il est nécessaire de bien les exploiter ». D’après le 
spécialiste, le 20 janvier 1994, le parlement avait adopté la loi 94-1 qui réglemente les activités forestières au Cameroun. Cette loi a été suivie du décret 95/531/ PM qui précisait les modalités d’application afférentes à la foresterie. Cette loi instaurait 
quatre changements majeurs. Il s’agit de l’’attribution des concessions par un système d’enchères, de nouveaux mécanismes de prix et de taxation, l’obligation d’avoir des plans d’aménagement et des dispositions en matière de foresterie communautaire. « Les nouvelles lois forestières, si elles sont pleinement appliquées, pourraient améliorer la gestion forestière, promouvoir une industrie forestière plus efficace et aider au renforcement des objectifs de conservation, en partie par l’instauration de mesures encourageant les populations locales à maintenir les terres sous forme de forêts », note pour sa part Albert Olama, exploitant forestier. « Dans l’objectif de gestion durable de la forêt, au-delà du respect des règles d’aménagement en vigueur, favoriser l’exploitation d’une plus grande diversité d’essences forestières actuellement sous-exploitées, mais qui auraient, du fait de leurs qualités, leur place sur les marchés serait le principal levier pour l’économie et les emplois potentiels », termine Armand Essono, ingénieur spécialisé dans l’agro-foresterie.

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