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Retard préjudiciable aux entreprises…

Nous nous intéressons à une actualité économique qui est passée presque inaperçue la semaine dernière. L’Agence française de développement (AFD) met à la disposition des entreprises agroalimentaires nationales une enveloppe de sept milliards de F sur une période de trois ans, de 2017 à 2019. Ce fonds est destiné à financer le Programme d’industrialisation et de valorisation des produits agricoles (PIVPA), piloté sur le terrain par le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN). Le problème est qu’à huit mois de la fin du programme, aucune entreprise de ce secteur ciblé n’avait pu décaisser le moindre sou en mars derrnier. A quoi est dû ce grand retard à l’allumage, préjudiciable aux entreprises ciblées ? Dans un contexte national marqué par la crise financière et de la dette, on est curieux d’apprendre qu’un tel financement ne soit pas consommé par les bénéficiaires. Est-ce un problème d’information, de sensibilisation ? Comment expliquer que les entreprises camerounaises n’aient pu saisir cette opportunité pour se mettre à niveau dans un environnement national marqué par l’effectivité de l’Accord de partenariat économique (APE) entre l’Union européenne et le Cameroun ? Les pouvoirs publics ont-ils assuré efficacement leur part de responsabilité, en définissant un cadre approprié pour faciliter le décaissement de ce financement inscrit dans le cadre du 3e Contrat de désendettement développement (C2D) ? Est-ce un problème de procédures ? L’on se perd en conjectures. Pourtant, le directeur du BMN, Chantal Elombat Mbedey, se bat pour faire profiter aux acteurs concernés de ce que cet instrument de l’Etat peut offrir comme services pour la mise à niveau des entreprises, pour leur développement ou leur restructuration. Et que les aspects négligés par les promoteurs d’entreprises, à savoir un bon diagnostic, un busines-plan… font partie de leur offre réalisée à hauteur de 90% par le BMN. A l’heure actuelle, l’enjeu est de consommer l’enveloppe consacrée au PIVPA dans un espace de huit mois. Comment peut-on réussir à décaisser cet argent liquide en si peu de temps ? Toutes les démarches entreprises visent à convaincre les bailleurs de fonds à ne pas se limiter à l’agroalimentaire, mais à intégrer aussi les autres secteurs d’activité inscrits dans le champ d’action du BMN.   Mais en attendant l’aboutissement d’une telle démarche, de quoi les entreprises camerounaises ont-elles peur ? Pourquoi ont-elles tendance à bouder tout ce qui se fait dans la transparence ? Rien n’explique leur frilosité alors qu’elles éprouvent, dans leur immense majorité un grand besoin en financement pour produire plus, croître en vue de satisfaire le marché national, envahi par les produits importés. Voire viser le marché sous-régional et africain, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC). Comment les patrons camerounais pourraient-ils s’y prendre pour rattraper leur retard, afin de challenger leurs collègues de la Côte-d’Ivoire ou du Nigeria ? L’esprit d’entreprise fait certes son bonhomme de chemin. Si les chefs d’entreprises camerounais se limitent à créer des entreprises ordinaires, sans ambitions, ni vision à long terme, ils ne pourraient pas contribuer à réduire le déficit de la balance commerciale qui ne fait que se creuser. La pérennité de nos entreprises qui exige de gros moyens passe par la formalisation de la gestion, l’instauration d’une véritable culture d’entreprise, l’internalisation de l’intelligence économique, le renouvellement de l’outil de production et l’adoption des normes et standards internationaux. Et le BMN constitue un partenaire de poids sur cette voie.
 

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