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Des pertes évaluées en milliards de F

La plus grande conséquence de ces vols de bétail est l’incidence financière entraînant l’appauvrissement des éleveurs.

En 2017, dans le seul département de la Vina, on avait estimé que les pertes des éleveurs dues au vol de bétail s’élevaient à 8 000 animaux. En considérant qu’un bœuf est vendu à environ 250 000 F, la perte pour cette année-là et dans ce seul département s’élève à deux milliards de F. Durant l’année 2018, dans la région de l’Adamaoua, on estime que près de 15 000 bêtes ont été décimées par les voleurs de bétail. Ce qui revient à un montant de plus de 30 milliards de F envolés. Une véritable perte pour les éleveurs qui, au quotidien, s’attèlent à investir pour la nutrition et la santé de leur cheptel. Un éleveur nous confie d’ailleurs que «si vous avez des animaux qui profitent des pâturages dans la nature, vous faites des économies pour ce volet nutrition. Mais si vous comptez les compléments alimentaires, les vaccins et les autres frais d’entretien de votre bœuf, vous dépensez environ 30 000 F par animal et par an. Il faut ajouter à cela le salaire du berger. Pour ceux qui doivent en plus acheter du fourrage, la note devient rapidement très salée ! ». Avant de rajouter : « Il faut compter en moyenne deux ou trois ans pour élever un bœuf. Et vous n’êtes même pas sûrs que vous allez en tirer profit. Il arrive qu’avec des maladies on perde quelques bêtes. Imaginez si on vous vole encore deux ou trois bœufs par mois ou tous les deux mois. Je ne parle même pas de ceux qui ont perdu tout un cheptel. En un jour, vous perdez tout l’investissement d’une vie, qui peut se chiffrer à des dizaines de millions ». En effet, la plupart des éleveurs ont pour unique source de revenus leur bétail. Ce fléau qui s’est généralisé, les prive des sources de revenus et par conséquent, ils ne peuvent plus assumer des charges comme la nutrition, les soins de santé ou l’éducation des enfants. En d’autres termes, on assiste à un appauvrissement avec les conséquences qu’on connaît. C’est-à-dire le chômage, l’exode rural, la montée de l’insécurité... 

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