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Vol de bétail dans l’Adamaoua: Plus de 13 000 animaux décimés !

Zone d’élevage, la région du Château d’eau fait constamment face à ce fléau qui s’est accentué avec le phénomène de  prise d’otages. 

Cela fait partie du quotidien des éleveurs de la région de l’Adamaoua. Comme leurs confrères des régions du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Est et même du Nord-Ouest, ils reçoivent régulièrement la visite des voleurs de bétail. « C’est l’une des activités des plus prolifiques dans la région de l’Adamaoua. C’est une des infractions dans le département de la Vina suivie des litiges fonciers et des enlèvements», peut-on lire sur le site d’un journal en ligne. Dans la région de l’Adamaoua en général et dans le département de la Vina en particulier, les bergers Peulhs sont les principales victimes. Le mode opératoire est pratiquement le même. A la nuit tombée, les voleurs se glissent dans les enclos et prennent le maximum de bêtes. On nous a appris qu’une fois, dans un domicile privé, une centaine de bœufs avaient disparu. La marchandise volée se retrouve dans des abattoirs de fortune, parfois même en plein centre-ville à Ngaoundéré. En septembre 2014, on a retrouvé dans un domicile tout le matériel nécessaire à l’exploitation d’un abattoir clandestin à savoir un pickup, des congélateurs, des haches et des machettes. Une fois les animaux égorgés, la viande est écoulée dans divers marchés, sans toutefois avoir été inspectée par des agents vétérinaires, mettant ainsi la santé des consommateurs en danger. Malgré l’estampillage prôné par le ministère en charge de l’élevage, les bandits arrivent à déjouer la vigilance des contrôleurs. Avec le phénomène de prise d’otages, ce délit est presque toujours accompagné de vol de bétail. En 2018, selon certaines données, 600 bœufs ont été récupérés des mains des preneurs d’otages. De nombreux gangs ont pu être démantelés comme en juin 2015 dans la localité de Ngan-Ha par des éléments de la Gendarmerie de Ngaoundéré. Ou en 2016, où on a pu mettre la main sur un gang composé à la fois de Camerounais, Tchadiens, Centrafricains et Nigérians. Des arrestations qui n’auraient pas été possibles sans le soutien des comités de vigilance qui se sont mis en place et même des populations qui n’hésitent pas à fournir des renseignements. Pour contrer le phénomène, plusieurs mesures ont été mises en place. En mai 2015, le procureur de la République près des tribunaux d’instance de la Vina, Ahmadou Bouba avait organisé une rencontre avec des syndicats de bouchers. La rencontre avait débouché sur une résolution forte à savoir le recensement de tous les bouchers pour mieux contrôler l’activité. Un mois plus tard, au mois de juin, le délégué départemental du ministère de l’Elevage, des Pêches, et des Industries animales de la Vina, Mohamadou Aboubakar avait adressé une correspondance aux délégués d’arrondissement et à tous les chefs de centres zootechniques et vétérinaires pour un renforcement du contrôle des mouvements du bétail et de la viande. Plus récemment, l’arrivée des éléments du Groupement polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie nationale devrait mettre un terme non seulement au phénomène d’enlèvements, mais aussi au vol de bétail. 

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