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Décentralisation: Quand les communes misent sur l’attractivité

Grâce au marketing territorial, certaines communes du Nord Cameroun investissent dans des initiatives de développement décentralisé.

Bélel, Tignère, Dir, trois communes de la région de l’Adamaoua. Maroua 1er, dans la région de l’Extrême-Nord. Quatre communes au total. Deux régions. Une même démarche. Partir des potentialités locales en se focalisant sur le marketing territorial pour relever l’économie locale. L’objectif final étant de trouver des revenus additionnels pour financer les projets de développement. Depuis deux ans, chacune de ces municipalités s’inscrit dans une démarche méthodique et progressive. Grâce aux idées innovantes et à la contribution des artisans locaux, l’effet escompté commence à se manifester. Le savoir-faire ancré dans la culture locale, un sport typique de la localité (course équestre), des richesses naturelles capables de booster le tourisme, sont autant d’arguments. A Tignère, Mohamadou Laminou, le maire de la commune locale a misé sur le sport, mettant en place un complexe multisports. Selon ce dernier, « planter la graine des champions », c’est prévoir que demain, l’enfant prodigue ramène au terroir le fruit de son labeur. Ces derniers, une fois sortis du territoire, deviennent des ambassadeurs qui « plaident la cause de leurs municipalités ». A Dir, c’est le potentiel agricole qui est mis en avant. Grand bassin de production de céréales, Housseini Issa, le maire de la municipalité locale a entrepris avec la contribution des pouvoirs publics de miser sur la culture de l’anacarde. Une démarche qui a eu de la peine à faire son chemin dans les habitudes des villageois. Mais, avec un appui de la délégation régionale de l’agriculture, l’expérience commence à germer au point où la commune envisage déjà un champ semencier. Des investisseurs pointent à l’horizon. Le maire est confiant que d’ici 2020, « on parle de la réputation de son terroir ». Car, à terme, il s’agira de développer une marque locale qui va définir l’identité et le savoir-faire des entrepreneurs agricoles locaux. Dans la commune d’à côté, à Bélel, le maire Abbo Aboubakar, ne lésine pas sur le climat favorable à l’élevage bovin. D’ailleurs, avec les nombreux ranches que compte cette municipalité, considérée comme le berceau du « goudali », la race bovine typique de l’Adamaoua, l’attractivité passe par l’élevage. Sur le modèle de ville complète, la commune a bâti un motel municipal afin de promouvoir le tourisme et développer l’industrie du lait. Hamadou Hamidou, le maire de Maroua 1er dans la région de l’Extrême-Nord s’est inspiré à son tour de ses nombreux voyages. Depuis deux ans, il a construit un marché de fruits et légumes. Il s’est lancé dans un embellissement de la ville avec des monuments et des représentations qui rappellent la mémoire des grandes figures de la région, présenté aux touristes comme « la plus belle de toutes au Cameroun ». L’objectif étant pour le maire de faire du séjour dans la ville, l’occasion des rencontres et de souvenirs inoubliables. 

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