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Production locale de riz: Un fonds spécial d’investissement annoncé

L’organe devra accélérer la production en quantité et en qualité de la denrée pour infléchir la courbe des importations qui, en 2017, ont coûté 183,7 milliards de F.

L’une des annonces phares de la conférence annuelle du Minader pour l’exercice 2019 est sans nul doute la création d’un fonds spécial d’investissement de la filière riz. Selon le ministère en charge de l’agriculture, l’opérationnalisation de cet organe pourrait permettre d’accroître de façon substantielle et structurelle la production du riz pour infléchir les importations afin de faire face à la demande agricole et alimentaire. En 2017, la production de riz paddy au Cameroun se chiffrait à 225 000 tonnes. Sous réserve des chiffres consolidés de la production 2018, les projections initiales étaient de 326 000 tonnes. Ce niveau de production est insuffisant pour faire face à la demande qui est de 300 000 tonnes par an. D’où le recours aux importations qui s’élèvent à environ 750 000 tonnes. Au cours du premier semestre 2018, la part du riz dans les dépenses d’importation au Cameroun (chiffrées à 1 612,7 milliards de F) s’élevait à 19%, selon l’INS. La valeur de ces importations en 2017 était estimée à 183,7  milliards de F.  La mise en route d’un fonds de développement du riz pourrait faire de cette spéculation une filière stratégique dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, la création d’emplois et le relèvement du niveau de vie de nos populations. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel  Mbairobe, a d’ailleurs insisté sur le développement durable du riz « afin de parvenir dans un avenir proche à inverser la tendance des importations de cette denrée au Cameroun ». L’on comprend donc aisément pourquoi le Minader veut conduire une nouvelle étude en vue de l’évaluation de la consommation réelle du  riz au Cameroun et de la lutte contre les réexportations.  Dans son mode opératoire, le fonds spécial d’investissement devra assurer le prélèvement d’une taxe de 1 F sur chaque kilogramme de riz importé, dont l’estimation moyenne s’élève à 6 milliards de F par an. En termes d’actions stratégiques, l’organe devra prendre des  mesures idoines allant dans le sens de l’accroissement durable de la production du riz et des revenus des producteurs. Afin de réduire l’endettement du producteur par la promotion des bonnes pratiques, accroître durablement les capacités d’investissement des producteurs par la mécanisation et améliorer l’accès  au foncier. La promotion de la structuration et de la professionnalisation des acteurs, ainsi que de l’accompagnement du processus de normalisation et de labellisation du riz camerounais feront également partie de ses chantiers prioritaires. 

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