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Développement de l'industrie: La partition du privé

A la faveur de la libéralisation de l’économie nationale et des réformes mises en œuvre au cours des deux dernières décennies, de nombreuses opportunités se sont ouvertes pour ce secteur. 

Le cap a été fixé il y a quelques années déjà : devenir une économie émergente à l’horizon 2035. Le discours politique qui sous-tend cette vision est suffisamment insistant et déterminé. Par contre, sur le plan pratique, un certain nombre de préalables incontournables, qui sont autant d’objectifs à atteindre, doivent être implémentés. Entre la réduction de la pauvreté, l’atteinte du stade de pays à revenus intermédiaires et par la suite le cap de nouveau pays industrialisé, le chemin est parsemé de challenges. Les échéances sont d’ailleurs bien balisées : 2010-2020, moderniser l’économie et accélérer la croissance à travers la mise en place d’un environnement et d’une politique industrielle ambitieuse ; 2020-2027, atteindre le niveau de pays à revenu intermédiaire ; 20282035, devenir un nouveau pays industrialisé, justifiant d’une production manufacturière qui contribue à environ 25 % au PIB, et d’un secteur secondaire représentant plus de 40 % du PIB… Vue comme ça, la tâche se dévoile sous son jour le plus 
contraignant, notamment pour le secteur privé. Depuis le milieu de la décennie 1990, en effet, un vaste mouvement de libéralisation de l’économie camerounaise a vu l’Etat se départir progressivement des secteurs de production et de transformation des biens, pour laisser place aux investisseurs privés. A la croisée des chemins, entre l’économie primaire reine et la nécessité de passer à un secteur manufacturier prépon
dérant, quelques questions s’imposent à l’esprit instigateur. Quelle est la situation actuelle de l’industrie locale ? Quels en sont les acteurs ? Dans quels secteurs opèrent-ils ? Pour quelle contribution au PIB ? Sous quelles contraintes et dans quel environnement institutionnel et normatif ? Une récente cartographie de l’espace économique camerounais réalisée par l’Institut national de la statistique (INS) 
montre qu’en 2016 le secteur secondaire a contribué à 4 065,6 milliards de F au PIB réel du pays. Les principaux domaines d’activité qui ont contribué à cette performance sont : les industries extractives (1 024 milliards de F) ; l’extraction d’hydrocarbures (1 011,1 milliards de F) ; l’industrie agro-alimentaire (917,3 milliards de F) ; la production et la distribution de l’électricité (97,9 milliards de F) ; la production, la distribution de l’eau et l’assainissement (100,4 milliards de F) ; le BTP (816,2 milliards de F) ; les autres industries manufacturières (1 108 milliards de F). Cette dernière dénomination inclut des secteurs aussi divers et en pleine expansion comme l’industrie du textile et du cuir qui a pour tête de proue la société Cotonnière industrielle du Cameroun (CICAM) et sa filiale SOLICAM ; l’aluminium (la société Alucam envisage une augmentation progressive de sa production grâce à la réalisation du projet de construction du barrage de Nachtigal) ; les industries métalliques et métallurgiques, les industries chimiques et para-chimiques, portées par un secteur cosmétique particulièrement mousseux depuis quelques années tout comme 
le secteur pharmaceutique ; mais surtout les cimenteries, où pas moins de cinq grands groupes se livrent une concurrence rude et pour le moins bénéfique pour les économies nationale, sous régionale et même continentale. Cette nomenclature devrait vraisemblablement évoluer au cours des toutes prochaines années, si l’on en croit les prévisions du Plan directeur d’industrialisation (PDI) du Cameroun, la boussole mise en œuvre par le gouvernement. Cette vision à moyen et long terme met un accent particulier sur la transformation locale de la production agricole qui, grâce au passage à l’agriculture de seconde génération, devrait croître aussi bien en quantité qu’en qualité. Les initiatives privées pourront alors bénéficier, en plus de la disponibilité en abondance de la matière première, d’une main d’œuvre de mieux en mieux qualifiée et d’un environnement normatif qui au fil des années s’allège tout en bonifiant. Des brèches dans lesquelles les regroupements patronaux et corporatistes (GICAM, ECAM, MECAM, etc.) doivent pouvoir s’engouffrer, en y apportant leurs idées et contributions novatrices. 

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