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entretien routier: Sur les voies de la réforme

A l’aune du transfert des compétences aux collectivités territoriales décentralisées et de la discipline budgétaire, le défi dans ce secteur est de faire plus avec peu de ressources. Revue des stratégies en cours de mise en œuvre. 

Il y a quelques jours, le ministère des Travaux publics (MINTP), comme il est désormais de tradition en début de chaque année, a tenu la conférence annuelle de ses services centraux et déconcentrés. Au-delà de la redondance de cet événement programmé, le fil d’Ariane retenu pour les travaux : « Les nouveaux paradigmes et les innovations de l’entretien routier au Cameroun », interpelle par sa prégnance aussi bien sur le quotidien des Camerounais, que sur l’économie nationale tout-entière. Ce libellé met en exergue toute l’importance – pour le moins triviale – du secteur routier dans le processus de développement du Cameroun. Mais aussi tous les freins et les mauvaises pratiques à éradiquer, pour des routes circulables en toute saison et en toute circonstance. Une mue qui doit s’opérer, d’une part, au moment où le transfert des compétences aux collectivités territoriales décentralisées – l’entretien de 100 000 km de routes communales et les activités de cantonnage – est devenu une réalité. D’autre part, les ambitions de performance dans le secteur routier, réputé pour être « budgétivore », sont devenues plus contraignantes dans le contexte actuel de discipline budgétaire. La question qui se pose dans ces circonstances est celle de savoir comment « faire plus avec peu de ressources », tel que le prescrit le Premier ministre, chef du gouvernement ? Pour mieux mesurer l’ampleur de la tâche, le MINTP rapporte que « le réseau routier national à la charge de l’Etat compte aujourd’hui environ 123 000 km de routes », dont 100 000 km de routes nationales (RN) et régionales. 6 500 km de ce linéaire sont déjà bitumés. Concernant leur état de circulabilité, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, dans son discours de lancement des travaux la semaine dernière, a relevé que « bon nombre de nos infrastructures routières construites dans les années 80 ont accompli leur durée de vie. Citons à titre d’illustration : la RN1 (section Ngaoundéré-Garoua) ; la RN3 (Yaoundé-Douala-Beko ko-Limbe-Idenau) ; la RN5 (Bekoko-Nkongsamba-Bafang-Bafoussam) ; Mbalmayo-Sangmelima »… Aujourd’hui, il est question de les reconstruire. Pour éviter d’en arriver à ces cas extrêmes de débauche d’énergies et de ressources, avant que les bourbiers ne deviennent des patinoires géantes, que les nids de poules prennent des proportions de refuges pour éléphants, l’entretien routier se pose comme la solution. En 2018, le programme d’entretien routier a ainsi bénéficié d’une enveloppe de 51 milliards de F, pour un taux d’engagement global des projets de 97,03% correspondant à un montant de 48,49 milliards de F. La programmation 2019, quant à elle, prévoit un montant de 47,78 milliards de F pour le même type de prestations. Elle est en baisse d’un peu plus de 3 milliards de F, même si la dotation destinée aux routes communales, elle, a augmenté de près de 7 milliards de F, passant de 8,1 milliards à 15 milliards de F. Cette dernière information confirme le caractère prioritaire du transfert des compétences aux communes dans le cadre de la décentralisation, en même temps qu’elle justifie toutes les autres composantes de ce qu’au MINTP on désigne comme « les nouveaux paradigmes et les innovations de l’entretien routier au Cameroun ». A la suite du ministre Emmanuel Nganou Djoumessi et des autres intervenants à la conférence de la semaine dernière – ils ont notamment exposé sur « la maîtrise des coûts de construction routière au Cameroun, quelles approches ? » et « la mise en œuvre du transfert des compétences en matière d’entretien routier, défis et perspectives » –, l’inspecteur général des services au MINTP, Barnabé Tang Ahanda, s’est appesanti sur la principale question du jour : « Les nouveaux paradigmes et les innovations de l’entretien routier au Cameroun ». Il en a émergé  six principaux axes réformistes : la structuration et l`appropriation du réseau routier ; la protection du patrimoine routier ; l`accélération du processus de décentralisation ; l’introduction des produits innovants ; l`introduction de la régie en complément à la mise en concurrence et le renforcement de la gouvernance. Dans notre démarche inquisitoire, il est question de déterminer dans ce vaste programme qui fait quoi ? Sur quelle zone de compétence ? Avec quels moyens ?
 

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