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Du bon dans les carrières…

Que gagnent les acteurs économiques de la multiplication des carrières à travers le pays ? En attendant la publication des études spécifiques sur la production nationale des agrégats (sable, gravier, marbre, moellons), il n’échappe à personne que l’activité tourne désormais à plein régime, depuis l’entrée en scène d’un grand nombre d’opérateurs privés dans le secteur. A la faveur de nombreux chantiers en cours dans les villes et campagnes, la production des agrégats contribue de manière significative à l’économie nationale. Parce que la demande de ces minéraux, très sollicités dans la construction, ne cesse de croître au fil des ans. Dans les grandes métropoles, par exemple, l’apparition des grues, visibles un peu partout, est un signe de vitalité dans le secteur du bâtiment. Par ailleurs, les travaux de construction des autoroutes, routes, ponts, barrages…, engagés par les pouvoirs publics, nécessitent, à n’en point douter, la production d’une grande quantité d’agrégats. Le pays, pour reprendre l’expression du chef de l’Etat, Paul Biya, qui le relevait si bien dans son discours à l’entame du septennat des grandes réalisations, en 2011, est effectivement transformé en un vaste chantier. Il est évident que la multiplication des carrières a un impact sur le coût de réalisation des infrastructures du BTP. Si les opérateurs mobilisés sur les divers chantiers réalisent des économies sur les agrégats disponibles à bon prix sur le marché grâce au jeu de l’offre et de la demande, il est bon de relever que la réalisation des routes revient désormais moins chère. Dans un passé récent, on a vu plusieurs chantiers à l’arrêt, parce qu’il manquait d’agrégats. Le cas illustratif était le chantier Ayos-Bonis à l’arrêt pendant plusieurs mois en 2011. Avant la découverte et la valorisation de la carrière de Bent, village du Haut-Nyong, il fallait parcourir des dizaines, voire des centaines de kilomètres pour se ravitailler. Cela ralentissait le chantier et renchérissait les facteurs de coûts. L’on comprend, dès lors, pourquoi le ministre de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique, Gabriel Dodo Ndoke,  a prescrit aux maîtres d’ouvrage de recourir à l’utilisation de ces agrégats dans la commande publique, notamment la construction des routes, des centres de santé, des écoles… Il ne saurait en être autrement quand ces agrégats ont généré de recettes budgétaires de l’ordre de 14% en 2016, contre à peine 6,1 % en 2011. Les avantages à en tirer sont évidents : plus il y a des privés qui s’y intéressent, plus les matériaux  de construction seront disponibles à bon prix. Et il y aura plus d’emplois créés, plus de richesses générées. Dans les villes et campagnes, on ne compte plus le nombre de personnes qui gèrent les dépôts de sable et gravier. Chaque quartier de Yaoundé ou de Douala dispose d’un ou plusieurs dépôts de produits de carrière. Ce sont de petits pôles d’emplois qui sont ainsi créés. Certains promoteurs n’ont rien à envier aux agents de la Fonction publique. Pour autant, la production locale est-elle suffisante ? Que faut-il pour se lancer dans ce secteur porteur ? Quels financements et équipements faut-il mobiliser ? Sont-ils à la portée du premier venu ? Pour ouvrir une véritable carrière, il faut des engins lourds qui peuvent permettre de produire plus et de réduire les contraintes liées à la construction de nos routes… Au demeurant, le secteur de matériaux de construction interpelle plusieurs catégories d’acteurs : les promoteurs eux-mêmes qui doivent investir de gros moyens. Les financiers qui doivent accompagner l’activité, avec la disponibilité des capitaux appropriés. Une main d’œuvre qui doit pouvoir être formée et encadrée. Et au-delà de tout, un cadre légal et réglementaire qui doit pouvoir permettre de sortir de l’informel dans lequel l’exploitation anarchique des carrières semble s’être enlisée. 

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