loader

BIP 2019: Plus de 6 200 projets à réaliser

Le journal des projets fait l’actualité économique, à l’entame d’une année placée, entre autres, sous le triple signe de l’accélération du processus de décentralisation, de l’achèvement des grands projets de première génération et du retour définitif de la sécurité.


La décennie 2010 en cours a eu son lot de préoccupations au Cameroun. Au nombre de celles-ci, les questions liées à la décentralisation constituent une priorité. Parmi les faits particulièrement remarquables dans la mise en œuvre des politiques publiques de décentralisation, figure la création d’un ministère et d’un Conseil national dédiés. Des initiatives qui, au-delà de leurs caractères éminemment politiques, ont des incidences économiques certaines. Sur le plan du développement local, ces évolutions constitutionnelles et institutionnelles représentent des centaines de milliards de francs d’investissement consentis dans la période sus-évoquée. Lors de la deuxième session du Conseil national de la décentralisation tenue le 20 décembre dernier sous la présidence du Premier ministre, chef du gouvernement, quelques chiffres ont été dévoilés. Il en est par exemple ressorti que « depuis l’exercice 2010, l’Etat a transféré aux communes et communautés urbaines ,soixantetrois (63) compétences dans les matières nécessaires à leur développement économique,  social, sanitaire, éducatif, culturel et sportif. Comme accompagnement à ce transfert, trois cent cinquante milliards de francs ont été alloués, à travers les budgets des vingt ministères sectoriels concernés ». Plus près de nous, le communiqué final des assises du 20 décembre révèle que « les impôts communaux soumis à péréquation des premier et  deuxième trimestres de l’année 2018 ont été payés, pour un montant total d’environ 37 milliards de F, tandis que 381 309 433 F ont fait l’objet de paiements globaux dans le cadre de la dotation générale de fonctionnement. Les administrations sectorielles concernées ont, en outre, transféré des crédits aux communes de l’ordre de 150 milliards de F ». De l’argent frais destiné au développement économique, à la réalisation des infrastructures, à la promotion de la santé, de l’éducation, des cultures locales, du sport, etc. Cette année, comme pour les précédentes depuis 2010, le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) est la boussole de l’Etat dans la conduite de ces projets de  développement qui impactent, au premier chef, la vie des populations au plus profond des régions. Cette année, à l’aube du septennat dit «des grandes opportunités», le budget d’investissement public du Cameroun représente plus du quart du budget général de l’Etat, soit un peu plus de 1 327 milliards de F. Dans les dix régions, cette enveloppe représente pas moins  de 6 200 projets à réaliser. Dès lors le défi à relever, au moment où le Cameroun amorce un virage décisif dans la poursuite de son objectif d’émergence à l’horizon 2035, c’est celui de l’efficacité dans la conduite des différents projets. A ce sujet, il est à relever, pour le regretter, que le taux d’exécution du BIP au cours des dernières années,a souvent frôlé les fonds. A titre illustratif, au premier semestre 2018, il n’était que de 38%... Les faits généralement incriminés sont, entre autres, le faible engouement des prestataires à soumissionner à la commande publique, le non-paiement des décomptes entraînant l’arrêt de nombreux chantiers, le retard dans l’exécution des projets, les retards dans l’engagement des crédits alloués à certains projets pluriannuels du fait des difficultés liées à leur traitement, les retards dans l’exécution physico-financière des crédits de subvention en investissement et des fonds de contrepartie, etc. Autant de lacunes qu’il faut combler, pour que des localités aussi lointaines que Doubagouda dans la région de l’Extrême-Nord, Biba Yemfek au Sud ou Njangwat dans le Nord-Ouest puissent goûter aux délices de la modernité tant espérée. 

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire