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Loi de finances 2019: La pression fiscale progresse de 0,1%

Elle passe de 13,1% du PIB en 2018 à 13,2% cette année. Désormais taxés : les pneus, la friperie, les cosmétiques, les véhicules d’occasion, etc. 

La loi des finances 2019 prévoit une augmentation des charges fiscales. Désormais, un droit d’accise (impôt direct perçu sur la consommation) sera appliqué aux boissons gazeuses importées, produits cosmétiques, articles de friperie, pneus et véhicules d’occasion. Une nouvelle modalité de collecte des droits et taxes de douane va cibler les téléphones importés et les applications et logiciels téléchargés. A priori, 2019 sera plus chère que 2018 si les entreprises décident de répercuter ces impôts sur le consommateur final. En novembre dernier, l’Institut national de la statistique (INS) avait déjà noté une hausse des prix de 10% sur le marché national, soit 0,8% à Yaoundé, 9% à Douala, 12% dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, etc. En gros, la pression fiscale désigne l’importance d’un impôt ou d’un groupe d’impôts dans l’économie nationale. Au Cameroun, les opinions divergent autour d’elle. Lors de l’assemblée générale mixte du Groupement interpatronal du Cameroun (GICAM) tenue le 13 décembre dernier, son président, Célestin Tawamba, a décrit une baisse de moral des chefs d’entreprises au cours du premier semestre 2018 du fait, dit-il, « de la pression fiscale toujours aussi pesante et répressive, l’asthénie de la de
mande solvable, la concurrence déloyale du fait de certains délinquants fiscaux ainsi que de la contrebande ». D’autre part, l’accroissement des recettes fiscales est nécessaire si le pays veut se développer. Si l’on s’en tient aux données d’une étude comparée du taux de pression fiscale au Cameroun et dans les autres pays de la sous-région CEMAC, le taux de pression fiscale au Cameroun se situait autour de 15% en 2008, soit bien en dessous de la moyenne sous-ré
gionale qui est de 21,7%. « La relative impression d’une forte pression fiscale dans notre pays s’explique par le fait que jusqu’à une période récente, un nombre restreint de contribuables supportait la quasi-totalité de la charge fiscale, du fait de l’importance du secteur informel », explique une source au MINFI. C’est ce qu’expliquait également, en début d’année dernière, dans les colonnes de CBT, le vice-doyen à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Maroua, Jean Hugues Nlom. « L’accroissement du taux de pression fiscale vient de ce qu’un plus grand nombre de contribuables est concerné. Surtout que chacun paie non à sa guise, mais selon sa capacité contributive. Au demeurant, la hausse négligeable du taux de pression fiscale ne devrait pas remettre en cause le quotidien des Camerounais », expliquait-il. En 2018, la pression fiscale au Cameroun restait relativement faible par rapport à celles des autres pays d’Afrique subsaharienne, dont la moyenne tourne autour de 17%. 

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Commentaires

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    Amougou abessolo marie
    1month ago

    Merci pour l'article! Puis je avoir les références de vos statistiques sur te taux de pression fiscale en Afrique subsaharienne?

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