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Traitement de l’information économique: Un coup de pouce à la spécialisation

Dans le cadre d’une formation organisée à Yaoundé par le Fonds monétaire international, les journalistes de la zone CEMAC ont reçu les clés pour mieux comprendre et analyser les faits.   

Pour ceux qui ne se seraient pas encore rendu compte, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est depuis quelques années maintenant, un espace où les faits économiques se succèdent sans fin. L’actualité y est en effet abondante et régulière. De la crise survenue en 2014 - du fait de la chute des prix du pétrole sur le marché international couplée à l’insécurité dans certains pays - à la conclusion de programmes avec le Fonds monétaire international (en cours d’exécution) en passant par les nombreuses réformes mises en œuvre par la Banque centrale pour aider au redressement de ces économies. Ce qui, évidemment, impacte la vie des 53,7 millions d’habitants - estimation de 2016 - qui peuplent la CEMAC. Pour aider à les comprendre, des journalistes, courroies de transmission des décisions prises par les gouvernants  pour améliorer le pouvoir d’achat de ces citoyens. Sauf que, des études menées dans la sous-région ont montré que ces professionnels des médias - des généralistes pour la plupart -, ne sont pas suffisamment qualifiés pour traiter les  questions d’ordre économique concernant la CEMAC. Ce qui, en bout de chaîne, aboutit à une information « légère, inappropriée et mal traitée », selon Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre des Finances du Ca meroun. Cette situation déplorée tient pourtant à deux réalités. La première : la faible propension des gouvernants et autres institutions régionales acteurs de la scène économique à s’ouvrir à ces médias en vue  de mieux se faire connaître du public, comme l’a d’ailleurs reconnu le vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Dieudonné Evou Mekou. La seconde : la faible spécialisation des journalistes affectés au traitement et à la diffusion de l’information économique. Un manquement que des formations ciblées comme celles que vient d’organiser le FMI en partenariat avec la BEAC devraient combler au fil des sessions. Du 20 au 21 décembre 2018, une vingtaine de journalistes de la presse économique sous régionale a suivi une formation sur le traitement et la diffusion de l’information économique à Yaoundé. Les participants ont reçu, dans le cadre d’échanges de groupe, des outils nécessaires pour assurer une bonne couverture et un meilleur traitement des faits économiques qui surviennent dans leurs pays respectifs en particulier et dans la communauté en général. Fabien Nsengiyumva, représentant résident du FMI  au Cameroun, Lucie Mboto Fouda, responsable de la communication Région Afrique FMI et administratrice de la formation, Mathieu Robbins et Sarah Wachter, tous deux formateurs de la Fondation Reuters de Londres et Paris ont assuré ce transfert de connaissances. Au-delà de la maîtrise de son caractère purement journalistique, la formation a également permis aux journalistes retenus de mieux s’informer sur les missions et le fonctionnement des instituts comme la BEAC. Au finish, que ce soit la Banque centrale, le FMI ou les dirigeants des Etats concernés, tous souhaitent avoir une presse économique aguerrie, capable de servir aux consommateurs une information vraie et vérifiable. Dans l’environnement actuel marqué par la prolifération des « Fake News » et au vu du caractère « sensible » de l’information économique et financière, une analyse erronée d’un fait étant de nature à déstabiliser l’ensemble du système.

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