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Résistance et réticence… à bannir

A la lecture du 8e rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2017, présenté au grand public vendredi dernier par le président de la Commission nationale anti-corruption, l’on relève des poches de résistance et réticence dans des secteurs insoupçonnables de l’activité socio-économique du pays. Le classement des 43 administrations publiques révèle, par exemple, que le trio de tête des départements les plus touchés par la pratique de corruption est constitué des ministères des Marchés publics, des Finances et de la Justice. Selon les explications des responsables de la CONAC, la méthodologie suivie est celle adoptée par le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, avec notamment l’introduction de l’Indice de perception de la corruption au Cameroun (IPC Cam). La démarche a comporté la revue documentaire et l’enquête de terrain auprès des citoyens. Au final, la CONAC a permis à l’Etat de recouvrer 52 milliards de F. Le Cameroun n’est plus dans les profondeurs de classement des pays les plus corrompus du monde. Entre 2012 et 2017, en l’espace de cinq ans, le taux de réalisation des actions de lutte contre la corruption est passé de 27,3% à 33,31%. Soit 6,01 points de gagnés.    Des résultats probants sont obtenus dans ce combat. Mais, il reste encore du chemin pour réduire la corruption à sa plus simple expression. Dieudonné Massi Gams en fait un résumé édifiant : « Les résultats obtenus indiquent que la lutte contre la corruption est confrontée à de nombreuses contraintes. Il y a encore de la résistance. Nombreux sont ceux qui, par médiocrité ou par cupidité, sollicitent faveurs et privilèges et amassent des fortunes. Certains ont érigé le tribalisme, le favoritisme et le népotisme en système de fonctionnement. D’autres, par contre, pensent que la lutte contre la corruption est l’affaire des autres. D’où les opinions mitigées qu’ont les observateurs des performances du Cameroun en matière de lutte contre la corruption ». L’autre poche de réticence qui n’a pas lieu d’être est curieusement localisée, à la lecture de ce rapport, au niveau des entreprises et établissements publics, désormais appelés à être des modèles de transparence dans leur gouvernance. Seules cinq entreprises ont produit des rapports d’activités sollicités par les institutions chargées de lutte contre la corruption. Dès lors, comment comprendre que ces unités de production qui devraient réaliser des performances, être plus rentables, s’engagent à être opaques, à ne pas produire des rapports exigés par les textes ?  Selon les différentes réformes, la plupart des entreprises publiques ne devraient plus être nourries à la mamelle nourricière de l’Etat. Mais elles devraient produire de la richesse, créer des emplois et s’illustrer par la clarté et la transparence de leur gestion.  La contribution des administrations, des entreprises et établissements publics pour ramener le niveau de corruption à son plus bas niveau est très déterminante pour l’amélioration du climat des affaires. Autant il est impérieux de dissiper le doute dans les mentalités des citoyens sur l’effectivité, l’efficacité et l’efficience de la lutte contre la corruption, autant il est bon de bannir la résistance et la réticence qui ont la peau dure dans nos services publics. Parce que la corruption ne doit pas devenir un frein pour le développement du pays, ni un obstacle pour les investisseurs et détenteurs des capitaux. Ces mauvaises pratiques ne devraient pas non plus décourager les incitations à l’investissement.

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