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Pauvreté : léger recul…

Où en est le Cameroun dans sa lutte contre la pauvreté et les inégalités à l’aube du septennat des grandes opportunités ? La publication par le Fonds monétaire international (FMI) du Rapport pays n°18/256 en octobre dernier tente d’apporter des éléments de réponse aux problèmes de pauvreté et d’inégalités. A la lecture, le document fourmille de données et informations édifiantes. Les experts de l’institution financière internationale font parler les chiffres, mettent en relief des données à travers des tableaux, graphiques, camemberts enrichissants… Dans leur analyse, les auteurs ont pris le soin d’expliquer leur méthodologie de travail qui a bénéficié de la collaboration des autorités camerounaises, de leurs collègues de la Banque mondiale travaillant pour les bureaux de Yaoundé, de la sous-région et de l’Afrique subsaharienne. Ils ont également eu recours à l’expertise de l’Institut national de la Statistique (INS). Dans le document de 68 pages, tout un chapitre a été consacré à l’évaluation de l’incidence de la politique budgétaire sur la pauvreté et les inégalités. Si globalement le gendarme de l’économie mondiale apprécie les avancées enregistrées par le Cameroun, le FMI préconise la remise en cause des instruments de la politique budgétaire et recommande de maintenir le cap des réformes. Les faits sont édifiants. Entre 2000 et 2012, le Cameroun a enregistré une forte accélération de son taux de croissance dont la moyenne est de 4,0%. Cette croissance s’est accélérée de 2013 à 2016 autour de 5,3%, avant de connaître depuis deux ans un ralentissement dû, les deux dernières années, au double choc lié à la chute des prix des matières premières et les dépenses sécuritaires. Si l’augmentation des investissements publics et l’expansion des services peuvent expliquer l’accélération de la croissance de ces dernières années, il reste que cette croissance n’est pas assez inclusive. « Les taux de pauvreté et d’inégalités restent élevés au Cameroun, avec des disparités régionales croissantes », relèvent les auteurs du Rapport sur le Cameroun. Pourtant, on ne peut pas dire que rien n’est fait pour l’endiguer. Selon les résultats de la quatrième Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM4) de l’INS réalisée en 2014, le taux de pauvreté global a reculé de 2,7 points, en passant de 40,2 à 37,5%. Si le nombre de populations vivant dans la pauvreté a augmenté de près d’un million d’individus, passant de 5,8 à 6,6 millions, le taux de pauvreté en zone urbaine a, quant à lui, diminué en passant de 17,9 à 8%. Ce recul contraste avec le taux de pauvreté dans l’arrière-pays qui est passé de 52,1 à 56,8%. De plus, les trois régions septentrionales et le Nord-Ouest enregistrent des taux de pauvreté les plus élevés du pays, autour de 74%. Selon les auteurs du Rapport sur le Cameroun, « la persistance d’un taux de pauvreté élevé et l’accroissement des disparités entre population urbaine et rurale et entre régions ont aggravé les inégalités ». Du coup, le coefficient de Gini, indice de mesure des inégalités, est passé de 42,2% en 2001 à 46,6 en 2014. Les inégalités urbaines, plus élevées, sont comparables à celles des zones rurales. Ce Rapport révèle aussi que les principaux instruments de recettes et de dépenses disponibles n’ont pas permis de réaliser efficacement la redistribution de la richesse. La fonction redistributive des transferts directs et indirects étant faible. Dans le même temps, les dépenses sociales effectuées sont faibles. Bien que les dépenses consacrées à l’éducation, la santé et la protection sociale représentent la part la plus importante du budget. Dès lors, pour relever les défis de la pauvreté et des inégalités, les experts du FMI recommandent le renforcement de l’impact redistributif de la politique budgétaire, des réformes plus ambitieuses de la politique de finances publiques, l’augmentation des transferts indirects et la réduction de l’écart entre les zones urbaines et rurales, essentielle pour réduire les inégalités. A ce sujet, il est bon de relever que le programme économique, financier, social et culturel du Cameroun accorde en 2019 une priorité à ces questions et que plusieurs projets et programmes en œuvre visent à résorber la pauvreté sur toute l’étendue du territoire, à travers la quête du bien-être des populations.

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