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Gomme arabique: un trésor peu exploité

Retrouvé dans les habits, les vins, le chewing-gum ou encore les colles et peintures, le produit constitue une source de richesse pour les producteurs. 

Nassarao dans le département de la Bénoué, région du Nord. La localité présente l’une des pépinières de gomme arabique les plus productives (avec 11 autres sites) de la Bénoué. L’ensemble des semences identifiées dans ces différentes pépinières est d’un peu plus d’un million de plants. Elles font la fierté du GIC « Gomme arabique de la Bénoué » (GIC-GOMMAB). Depuis plus de 20 ans, le mouvement coopératif a réussi à faire de la gomme arabique sa poule aux œufs d’or. La gomme arabique est un liquide suintant de sève descendante solidifié, produit naturellement ou à la suite d’une incision, sur le tronc et au pied d’arbres du type Acacia. Les producteurs du GIC-GOMMAB sont implantés dans 59 villages répartis dans quatre départements de la région du Nord. A défaut de chiffres consolidés sur la production du GIC, les informations données par Abdoulaye Bassoro, délégué du GIC, renseignent qu’un projet a été monté pour valoriser environ 900 hectares. Ce chiffre révèle l’importance de la gomme arabique pour la vie des producteurs. Le produit forestier non-ligneux est identifié comme une importante source de revenus pour les populations rurales. En 2014,  la gomme a contribué à la subsistance d’environ 300 000 familles paysannes et de plus de 500 000 personnes opérant dans la filière au Tchad. Le seul segment de la cueillette de la gomme arabique représente l’une des rares opportunités d’activité rémunératrice en saison sèche. Son impact sur la balance commerciale du Cameroun n’est pas négligeable. Le rapport 2016 du Fonds de la CNUCED pour l’information sur les marchés des produits de base agricoles (INFOCOMM), indique que la production de la gomme arabique par le Cameroun « a fortement augmenté ces dernières années », passant de 66 tonnes en 2010 à plus  de 4 000 tonnes en 2014. Ce qui a hissé le pays au rang de 4e producteur africainen 2014, derrière le Soudan (Nord et Sud), le Nigeria et le Tchad.   Le produit est un épaississant alimentaire qui entre dans la fabrication de produits à haute valeur ajoutée. La gomme arabique permet de fabriquer des vins, notamment le pastis. Sur le plan industriel, elle sert à fabriquer des produits pour l’étanchéité des bâtiments, notamment les colles, les peintures et les badigeons à la chaux. Dans l’agro-alimentaire, son usage est sollicité pour fabriquer le chewing-gum. Du point de vue vestimentaire, elle est utilisée comme agent de solidification et de brillance des bazins.     Toutefois, les faibles prix de vente du produit pratiqués au niveau national plombent la filière et découragent les gommiculteurs. Une étude réalisée par l’IRAD entre 2008 et 2010 révèle que dans la région du Nord, le kilogramme coûte à peu près 250 F, contre 2 700 F sur le marché international. Au niveau des grossistes qui exportent, le kilogramme est vendu à 500 F. « Il y a un travail à faire pour augmenter le prix fixé à la base afin que les producteurs puissent en tirer profit et soient compétitifs sur le marché mondial », explique le Dr. Sali Bourou, chef du Centre régional de la recherche scientifique et de l’innovation pour le Nord. 

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