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Innovation: le Cameroun, ce bon élève

Les prouesses des jeunes chercheurs et start-upers à l’échelle nationale et mondiale ne se comptent plus. L’équation qui retient aujourd’hui l’attention consiste à faire de toutes ces trouvailles des opportunités au service de la politique d’industrialisation du pays

Le principe qui établit l’indissociabilité du développement industriel et de l’innovation (aussi bien technologique que des processus et autres moyens de production) est immuable. Il l’est d’autant plus dans le contexte économique mondial actuel, particulièrement dynamique du fait du caractère tout aussi évolutif, donc porté vers l’innovation, des technologies de l’information et de la communication. Rapporté au microcosme camerounais, cette réflexion met en lumière deux réalités qui concernent aussi bien les politiques gouvernementales que les initiatives privées. D’une part, il y a l’essor exponentiel des TIC qui, au cours de ces dernières années, ont permis la démarcation de centaines d’inventions et autres start-ups. D’autre part, on note l’ambition du pays, contenue dans le document intitulé « Cameroun-vision 2035 », d’atteindre le statut de nouveau pays industrialisé. Les destins apparemment parallèles de ces deux secteurs sont  donc irrémédiablement appelés à se croiser. La question qui se pose dès-lors est celle de savoir comment, faire pour intégrer l’innovation dans l’univers foisonnant de l’industrialisation ? Ou encore, comment opérer la parfaite symbiose entre ces deux secteurs en plein envol ; avec quels moyens institutionnels, financiers et stratégiques ? Il faut dire à ce sujet que ce ne sont pas les motifs de satisfaction ou d’encouragement qui manquent. Surtout pas dans  le domaine de l’innovation. Il y a tout juste une semaine, en s’appuyant sur l’indice mondial de l’innovation et l’indice des capacités en Afrique, notre confrère « jeune afrique » relevait les bonnes performances du Cameroun en la matière. Selon l’hebdomadaire, sur le graphique qui classe les pays africains, le degré d’innovation du Cameroun est jugé « élevé », avec 11 128 publications scientifiques entre 1996 et 2015 et 21,8% de participation des femmes  chercheurs… Dans les mêmes colonnes, Arsène Tema Biwole, 26 ans, est rappelé à notre bon souvenir. Lui, le jeune physicien camerounais qui a défrayé la chronique il y a quelques mois, pour sa participation remarquée à des travaux avec la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Son génie est pour le moins comparable à celui des jeunes start-upers de la Silicon Mountain de Buea, qui ont gagné le dernier grand prix spécial du  président de la République « Lion d’or » d’une valeur de 20 millions de F, lors de la 6e édition des Journées d’excellence de la recherche scientifique et de l’innovation (JERSIC). Les jeunes du Centre d’appui à la technologie, à l’innovation et à l’incubation (CATI2) de l’université de Dschang, vainqueurs à la même occasion du prix de l’innovation (10 millions) ne sont pas en reste. Ils emboitent le pas à Arthur Zang (Cardio pad), William Elong (Drone Africa) Alain Nteff (Gifted Mom), etc., des devanciers devenus célèbres pour la portée sociale et économique de leurs inventions. Les domaines de recherche de tous ces génies de l’innovation sont aussi variés que le nucléaire, la physique, l’agroalimentaire, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie, etc. Ils entrent parfaitement dans la vision 2035 du gouvernement, qui veut faire du Cameroun un pays émergent à cet horizon. Cette ambition réitérée par le président Paul Biya lors de son discours inaugural du 6 novembre dernier, constitue le cadre de référence de la politique économique du Cameroun. Techniquement, selon  les spécialistes, elle requiert du secteur industriel que le pays atteigne le statut de nouveau pays industrialisé (NPI). Ce qui impliquerait, à terme, que la part de la production manufacturière dans le PIB soit de l’ordre de 23 à 24%, et que les exportations de produits manufacturés prennent une place importante dans la structure des échanges extérieurs. Une noble intention, qui impose que les efforts soient mutualisés. L’Etat a déjà commencé à jouer sa partition à travers la mise sur pied du cadre normatif et institutionnel d’encadrement de la recherche (création d’un ministère spécifiquement chargé de la recherche scientifique et de l’innovation et du Comité national de développement des technologies (CNDT), création des JERSIC, prix spécial du président de la République, etc.). Mieux encore, le MINRESI accompagne les chercheurs dans le processus de développement des prototypes. L’idéal serait alors que des opérateurs privés, industriels et mécènes, puissent prendre le relai de la vulgarisation et de la production à large échelle de ces prémices.

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