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Les chantiers de la fusion…

Dans sa configuration actuelle, la bourse de Douala, avec trois entreprises cotées, vit ses dernières heures. Tout comme celle de Libreville, moribonde. Il y a un an, les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), réunis en sommet extraordinaire à N’Djaména, ont opté pour la fusion de ces deux places boursières. Si dans l’acte additionnel, les sièges devant abriter les principales institutions sont bien distribués, il reste des préalables à remplir par les différents acteurs du marché (Etats-membres, prestataires de service d’investissement, dépositaire central, commission de contrôle du marché, entreprise de marché…), pour rendre cet outil plus efficace à l’économie. Chaque Etat doit entrer dans le capital de l’entreprise de marché à hauteur de 5%. Cela fait 30% pour les six Etats-membres de la Cemac. S’il est acté que le siège de la bourse sera à Douala, et que la Commission de surveillance du marché financier (Cosumaf) opérera à Libreville, la bataille de positionnement entre les Etats pour le contrôle des nouvelles institutions n’est pas encore à l’ordre du jour. Avant l’avènement de la fusion, trois préalables devraient être levés. Le premier est lié à la répartition des rôles, la distribution des postes entre les Etats-membres de la CEMAC. La question a souvent cristallisé les attentions. Est-il très tôt de définir des critères de sélection objectifs et transparents devant guider le choix du directeur général de l’entreprise de marché ? Ou du président de la Cosumaf ? Ou encore celui du responsable de l’entité à créer pour jouer le rôle de dépositaire central ? Parce que ce rôle est provisoirement dévolu à la BEAC ?  Tout comme il revient à la banque centrale de gérer l’opération de fusion. Faut-il préciser qu’il y a un distinguo entre l’opération de fusion en cours et la nouvelle situation qui va prévaloir au lendemain de la fusion? Les Etats devraient donc intégrer l’existence de la nouvelle institution dans leur fonctionnement habituel. Pour éviter toute surprise. Parce que ce ne sont pas ceux qui ont préparé cette fusion qui vont l’animer au quotidien. C’est une autre paire de manches. Et chaque Etat devra prendre ses responsabilités. Les Etats de la Cemac ont-ils déjà lancé ce vaste chantier ? Dans le cas contraire, il faut mettre les bouchées doubles pour relever ce défi. Le deuxième préalable concerne la constitution du capital de l’entreprise de marché. Parce que, forcément, c’est à partir de la constitution du capital qu’on peut résoudre le problème de contrôle de l’entreprise de marché. Dans une entreprise ordinaire, par exemple, l’on sait que c’est l’actionnaire majoritaire qui désigne le top management, tant au niveau du conseil d’administration qu’au niveau de la direction générale. A ce sujet, certains observateurs relèvent que des retards sont constatés au niveau des Etats membres. Et si le Cameroun, par exemple, tient à rester la locomotive économique et financière de l’Afrique centrale, c’est le moment de prendre les devants. Les acteurs en charge du dossier devraient ainsi anticiper, par des propositions pertinentes, sur toutes les questions liées à cette opération. Les délais étant proches. La réussite du 5e emprunt obligataire de l’Etat du Cameroun enregistré sur le marché de Douala devrait confondre les sceptiques sur l’efficacité de cet outil de financement de l’économie nationale.  L’autre préalable relatif à l’acte additionnel portant unification du marché financier de l’Afrique centrale prescrit aux Etats-membres l’entrée en bourse des entreprises publiques ; des entreprises des secteurs stratégiques et des multinationales opérant sur leurs territoires respectifs. Il est attendu que les Etats cèdent leurs parts d’actions détenues dans ces différentes entreprises. Lesquelles devront automatiquement être cotées sur le marché communautaire. Là aussi, les experts n’ont pas l’impression que les Etats membres accordent la même attention à cette préoccupation. Pourtant, l’entrée en bourse de ces entreprises locales et multinationales pourrait accélérer la bonne gouvernance, la transparence dans la gestion, la production des documents comptables fiables. Et c’est maintenant qu’il faut lancer tous ces chantiers.

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