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Plus de professionnalisme

Le 30 octobre dernier à Yaoundé, les experts de la douane de l’Afrique centrale et de l’Ouest se sont séparés après deux jours d’échanges et de réflexions sur l’avenir de ce secteur névralgique, à l’aube de la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). L’élaboration des premiers contours du plan stratégique triennal 2019-2022 en vue de faciliter les échanges en est la principale résolution. L’option de la mutualisation des forces, à travers entre autres, l’harmonisation des régimes douaniers et la numérisation des procédures douanières, augure, à n’en point douter, de lendemains meilleurs pour la douane africaine en général et la douane camerounaise, en particulier.

Au niveau national, les pouvoirs publics n’ont pas attendu la tenue de cette rencontre pour prôner la mutualisation des efforts, en ratifiant les documents relatifs à la création de la ZLEC. En sa qualité de hub économique et commercial de l’Afrique centrale, le Cameroun est aussi en première ligne dans la promotion de la libre circulation des personnes et des biens en zone Cemac. En fait, les autorités camerounaises ont toujours accordé une grande importance à la densification des échanges entre les pays africains, Si les flux d’échanges sont plus denses, plus importants et que les échanges sont effectués dans un cadre organisé et basé sur de bonnes pratiques, il est évident que le pays en tirerait le plus grand bénéfice. Mais, si ces flux sont mal maîtrisés, cela peut constituer un facteur d’évasion des recettes douanières.

L’impératif du rendement de la douane camerounaise appelle donc les différents acteurs à pouvoir lever tous les obstacles qui se dressent sur la voie de sa performance : la contrebande qui fait perdre d’importantes recettes. Les mauvaises pratiques (connivences avec certains trafiquants), la lente professionnalisation des métiers de transit (du transitaire, au déclarant). Le problème de la taxation douanière, qui serait encore plus forte aux yeux des usagers – il serait de 80% pour les véhicules, par exemple. Il est également attendu de la douane la réduction des délais de passage dans les ports… Certains n’ont de cesse d’évoquer l’impact de l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne sur les recettes douanières. Contrairement à leurs appréhensions, les recettes douanières n’ont pas baissé. Les projections de recettes assignées à la douane camerounaise en 2018 sont, par exemple, de 800 milliards de F.

Après le premier semestre, l’administration douanière en a mobilisé plus de la moitié, soit 419 milliards de F. Au vu de cette performance, l’on peut dire que les recettes douanières vont grandissant. Toutefois, il faut revoir beaucoup de choses. Toutes les actions qui sont en train d’être conduites dans le secteur du transport (maritime, routier…) pour relier les principales métropoles de l’Afrique centrale méritent d’être accélérées. La modernisation de différents corridors pourrait permettre de récupérer tout ce que le pays pourrait, par exemple, perdre dans le cadre de l’APE avec l’Union européenne, à travers l’exploitation judicieuse de l’ouverture sur le marché de la sous-région, de l’Afrique de l’Ouest, notamment sur la première économie du continent, le Nigeria. Et cela passe aussi par une organisation plus structurée, plus rigoureuse et plus offensive. Avec plus de professionnalisme, plus de contrôles, pour une meilleure gouvernance du secteur.

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