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Marché de l’emploi: 300 000 profils nouveaux à former par an

C’est le défi que doivent relever les plus de 734 institutions publiques et privées agréées au Camer

ETAT DES LIEUX

Il y a quelques jours, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (MINEFOP) a rendu publique la liste des 734 institutions de formation professionnelle agréées au Cameroun. Un chiffre aux apparences pompeuses, surtout lorsqu’on y ajoute les dizaines de structures publiques (SARSM, Centre de formation aux métiers, etc.) disséminés dans les dix régions du pays. Pourtant, à la réflexion, il apparait que le Cameroun, dans sa lancée vers son développement économique, a plus que jamais besoin d’une force de travail aguerrie et de plus encore de profils bien formés.

A ce sujet, dans ce qui est présenté comme la « matrice des projets et programmes du gouvernement dans le secteur de l’emploi et de la formation professionnelle au titre du septennat 2011-2018 », le MINEFOP annonce que les programmes des « Grandes Réalisations » 2011-2018 tels que définis par le chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya, ont prévu parmi leurs objectifs principaux l’adéquation emploi-formation pour faire face aux exigences de développement économique, social et durable et parvenir à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 ». Au-delà de la formulation littéraire, cette orientation intègre sur le plan pratique au moins trois volets parfaitement imbriqués, qui vont de la politique gouvernementale en matière d’emploi à l’insertion professionnelle, en passant par la formation.

De quels types de profils le pays a-t-il besoin pour mener à bien ses projets de développement ? Quels sont les cursus les plus demandés ? Pour quel marché de l’emploi ? Voici autant de questions qui, depuis un peu plus d’une décennie, sont devenues des préoccupations pour les analystes. Et pas seulement, puisque de nombreux opérateurs privés, en appui aux efforts du gouvernement, se sont lancés dans le créneau de la formation professionnelle. Après le boom des instituts constaté ces dernières années et un sas minutieux par le MINEFOP, il en est resté 734, qui offrent des formations dans des domaines technologiques et socio-économiques aussi divers que secrétariat bureautique, secrétariat comptable, web master, cartographie assistée par ordinateur, couture, agriculture, menuiserie, technique automobile, gestion, etc.

Des dizaines de milliers de jeunes Camerounais partis des circuits traditionnels de formation sortent chaque année de ces institutions, pour affronter un marché de l’emploi qui, de son côté, n’est pas du tout exsangue. En illustration de la vitalité du marché de l’emploi au Cameroun, au MINEFOP, on relève par exemple qu’entre 2011 et juillet 2018, « 2 353 611 emplois ont été créés et recensés dans les secteurs modernes de l’économie, soit une moyenne de 300 000 emplois nouveaux par an ». Sur cette lancée, pour la seule année 2018, « dans le cadre du suivi de l’emploi, il est attendu […] la création d’au moins 500 000 emplois par le secteur moderne de l’économie ». Selon un pointage réalisé le 15 octobre dernier, les officiels annoncent que 437 853 de ces emplois ont déjà été recensés. Sur cette base, il apparait donc que l’équation de l’emploi décent après la formation ne soit pas un souci majeur.

Seulement, l’appât du lucre, dans certains cas, semble avoir gagné le marché de la formation professionnelle au Cameroun. Les institutions clandestines sont encore légion. Après le dernier tamis du MINEFOP, il faudra encore, selon toute vraisemblance, veiller à ce que les profils formés correspondent effectivement aux besoins d’un marché de l’emploi qui tend irréversiblement à se spécialiser. L’arrière-goût amer de la triste expérience de la fin des années 1990 et début 2000, lorsque pour la pose du pipeline Tchad Cameroun on avait dû aller chercher des soudeurs en Colombie, n’est pas encore totalement passé.

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