loader

Un impact sur l’économie locale

L’on ne saurait faire la fine bouche sur la bonne nouvelle. L’installation du bureau de développement et de prestation de services de la Banque africaine de développement (BAD) à Yaoundé aura, sans nul doute, des effets sur l’économie nationale. Lundi dernier, le vice-président en charge du développement régional, de l’intégration et de la prestation des services de la BAD, Khaled Sherif, a bouclé sa visite de travail dans notre pays pour rassurer les autorités nationales sur cette importante décision. Rappelons que le processus de l’installation du bureau régional répond à la politique de décentralisation de la BAD. Fin 2016, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Jeune Afrique, le président de la BAD indiquait que 800 à 900 employés de la banque quitteront le siège d’Abidjan, avant mi-2018 pour rejoindre cinq bureaux régionaux à créer sur le continent. A l’époque, trois capitales africaines étaient annoncées de manière certaine : Johannesburg en Afrique du Sud, Nairobi au Kenya et Tunis en Tunisie, ville qui pendant onze ans, avait accueilli le siège de l’institution, du fait des mouvements socio-politiques en Côte-d’Ivoire. Malgré quelque doute quant à la faisabilité de cette réforme annoncée, le Camerounais Janvier Litse, avait été porté à la tête du bureau régional de développement et de prestation de services de la Bad pour l’Afrique de l’Ouest. Le Guinéen Ousmane Doré pour l’Afrique centrale. Gabriel Negatu pour l’Afrique de l’Est. Le Marocain Mohamed El Azizi pour l’Afrique du Nord et le Malawite Tonia Kandiero pour l’Afrique centrale. Ce programme de décentralisation avait été présenté comme un axe important et fondamental de la réforme menée par Akinwumi Adesina, président en exercice depuis le 1er septembre 2015. Le Nigérian, nouvellement élu à la tête de l’institution financière africaine, avait alors estimé « nécessaire de mettre en place des bureaux régionaux bien dotés en ressources humaines, afin d’être plus proches du terrain et d’augmenter l’impact économique de la banque ». Aux trois capitales préalablement retenues, s’ajoute désormais Yaoundé, capitale d’un pays situé au coeur de l’Afrique centrale. De l’Afrique tout court. Le bureau régional de Yaoundé marque ainsi le fait d’une diplomatie agissante. Succès diplomatique, mais aussi l’expression privilégiée du Cameroun dans les projections de la Bad. C’est une marque d’intérêt pour notre pays de sa position stratégique reconnue et de la confiance des institutions financières internationales en dépit de quelque tension sur le plan sécuritaire. Le Cameroun, dit en filigrane la décision de la BAD d’installer son bureau pour l’Afrique centrale, est un partenaire sûr et un véritable pôle stratégique de développement de la sous-région. Sur un autre plan, l’installation du bureau de Yaoundé aura un impact économique évident. La construction du bâtiment devant abriter le siège va générer des emplois directs et indirects dans le secteur du BTP. L’effectif de cent cinquante hauts cadres de la Banque attendus, ouvre la perspective à 150 nouveaux logements correspondant à leur standing à louer. Si on prenait une moyenne mensuelle de 500 000 F pour le logement de chaque haut cadre, par exemple, cela ferait près d’un milliard par an, au titre de bail. A cela, il faut ajouter de nombreux employés camerounais (chauffeurs, agents d’entretien, cadres administratifs…) nécessaires pour le fonctionnement de bureau. C’est une bonne nouvelle sur le plan de revenus générés par la consommation de tout ce personnel.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire