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Corruption dans le secteur forestier: Un outil d’évaluation pour traquer les poches de ressistance

L’association Forêts et Développement rural (Foder) veut expérimenter une méthodologie d’évaluation des pertes économiques pour l’Etat, les opérateurs économiques et les communautés riveraines.

Les actes de corruption dans le secteur forestier au Cameroun causent à l’Etat un manque à gagner sensiblement égal à 797 040 000 F par an. Ces chiffres ont été révélés l’an dernier par l’association Forêts et Développement rural (Foder) suite à la réalisation de l’évaluation de l’indice de perception de la corruption (EIPC) 2017. Le rapport indiquait également que la perception de l’intensité de la corruption dans le secteur forestier est passée de 7,78/10 en 2015 à 7,25/10 en 2017. Par ailleurs, dans le journal « Faits et chiffres » du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) publié en 2017, le volume de sciage informel ou illégal s’élevait à 367 200 mètres cubes de bois. Ces statistiques ont été rappelées le 7 septembre dernier à Yaoundé, lors d’une réunion de réflexion multi-acteurs en vue du développement d’une méthodologie d’évaluation des pertes économiques dues à la corruption dans le secteur forestier au Cameroun. Le Foder estime que, jusqu’à présent, il n’est pas évident d’avoir des chiffres exacts sur les pertes dues à la corruption pour l’Etat, les opérateurs économiques et les communautés locales riveraines. « Notre démarche va permettre de disposer d’un outil d’évaluation de ces pertes financières et d’aller sur le terrain afin de capter les pertes ou les opportunités de corruption qui peuvent occasionner des pertes. Cet outil servira aussi pour engager un plaidoyer ou informer sur les pertes réelles », explique Angeline Modjo Kamdem, expert observation indépendante Foder. Les participants ont en outre passé en revue les poches de corruption au niveau des différents circuits que sont l’attribution des titres, l’acquisition des documents administratifs, l’exploitation, la transformation du bois, la vente et l’export. Les plus récurrents à combattre sont notamment le paiement des frais de traitement des dossiers administratifs, les paiements indus dans les barrières de contrôle forestier, l’usage abusif du pouvoir discrétionnaire par les fonctionnaires, la sous-évaluation des volumes de bois saisis et destinés à la vente aux enchères, etc. L’objectif est de à réduire à sa plus simple expression la corruption qui est le catalyseur de l’exploitation illégale des forêts. De sources officielles, le marché domestique est approvisionné à plus de 60% du bois issu de l’exploitation illégale. Le Minfof enfonce le clou en indiquant que 1,5 à 3 millions de mètres cubes de bois passent par les circuits informels. Au niveau de l’export, près de 80% du bois camerounais provient des forêts communautaires dont l’exploitation nécessite pourtant une autorisation.

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