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Assurance islamique: Un produit encore méconnu au Cameroun

Ancrée dans la religion musulmane, ce produit financier qui prend de plus en plus ses marques dans le monde, n’est pas encore proposé par les compagnies établies sur le territoire.

 

Du 19 au 24 août dernier, 2500 pèlerins camerounais se sont rendus en Arabie Saoudite pour accomplir le Hadj à la Mecque. Selon la Commission nationale du Hadj, chaque pèlerin a déboursé la somme de 2,2 millions de F. A raison de 856 000 F pour le transport, 487 000 F pour le logement, 92 985 F pour les services supplémentaires et 265 900 F pour le service Moassassa. « L’assurance ne figure pas dans ces rubriques, pourtant c’est une condition de plus en plus exigée par les chancelleries pour un voyage à l’étranger car, elle couvre, selon les cas, l’annulation de voyage, l’assistance médicale sur place, la perte de bagages ou encore le rapatriement du corps en cas de décès », relève Monsieur Sobe, agent général d’assurance. Notre interlocuteur précise que la raison est simple : les musulmans ne manifestent pas un engouement pour l’assurance en général et pour l’assurance islamique qui a été instituée pour se conformer aux principes de l’islam. En outre, aucune compagnie d’assurance au Cameroun ne propose pour l’instant ce produit. A Afriland Fisrt Bank qui propose des produits de la finance islamique, l’assurance islamique ne fait pas partie du package. La banque estime que c’est un investissement à risque, eu égard au manque d’intérêt des fidèles musulmans pour tout produit lié à la spéculation et à la quête de bénéfices. Et, quand bien même l’assurance islamique élimine tout risque d’aléa (gharar), la spéculation (maysir), l’usure (riba) et les investissements illicites (haram) comme la production des boissons alcoolisées, la pornographie, le porc, les jeux de hasard, etc., les pèlerins camerounais n’y accordent pas trop d’importance. Par conséquent, les compagnies d’assurance sont prudentes et hésitent à proposer un tel produit. Malgré le manque d’intérêt des compagnies pour l’assurance islamique au Cameroun, le produit connaît un essor ces dernières années. Un rapport publié par Dubai Centre for Islamic Banking and Finance (DCIBF) indique que le marché mondial de l’assurance Takaful était estimé à 23,2 milliards de dollars soit plus de 13 112 milliards de F en 2015. Il devrait atteindre 52,5 milliards de dollars, soit plus de 29 672 milliards de F d’ici 2020. Autrement appelée « Takaful» qui signifie « entraide solidaire » en arabe, l’assurance islamique est basée sur les principes d’assistance, de contribution volontaire et de mutualité (partage de risques entre assurés). Ses caractéristiques sont entre autres l’unicité. Autrement dit, les assurés ou participants sont à la fois assureur et assurés. Ensuite, il y a une vocation sociale et solidaire faisant en sorte que la réalisation des bénéfices n’est pas le but principal.

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Ancrée dans la religion musulmane, ce produit financier qui prend de plus en plus ses marques dans le monde, n’est pas encore proposé par les compagnies établies sur le territoire.

Du 19 au 24 août dernier, 2500 pèlerins camerounais se sont rendus en Arabie Saoudite pour accomplir le Hadj à la Mecque. Selon la Commission nationale du Hadj, chaque pèlerin a déboursé la somme de 2,2 millions de F. A raison de 856 000 F pour le transport, 487 000 F pour le logement, 92 985 F pour les services supplémentaires et 265 900 F pour le service Moassassa. « L’assurance ne figure pas dans ces rubriques, pourtant c’est une condition de plus en plus exigée par les chancelleries pour un voyage à l’étranger car, elle couvre, selon les cas, l’annulation de voyage, l’assistance médicale sur place, la perte de bagages ou encore le rapatriement du corps en cas de décès », relève Monsieur Sobe, agent général d’assurance. Notre interlocuteur précise que la raison est simple : les musulmans ne manifestent pas un engouement pour l’assurance en général et pour l’assurance islamique qui a été instituée pour se conformer aux principes de l’islam. En outre, aucune compagnie d’assurance au Cameroun ne propose pour l’instant ce produit. A Afriland Fisrt Bank qui propose des produits de la finance islamique, l’assurance islamique ne fait pas partie du package. La banque estime que c’est un investissement à risque, eu égard au manque d’intérêt des fidèles musulmans pour tout produit lié à la spéculation et à la quête de bénéfices. Et, quand bien même l’assurance islamique élimine tout risque d’aléa (gharar), la spéculation (maysir), l’usure (riba) et les investissements illicites (haram) comme la production des boissons alcoolisées, la pornographie, le porc, les jeux de hasard, etc., les pèlerins camerounais n’y accordent pas trop d’importance. Par conséquent, les compagnies d’assurance sont prudentes et hésitent à proposer un tel produit. Malgré le manque d’intérêt des compagnies pour l’assurance islamique au Cameroun, le produit connaît un essor ces dernières années. Un rapport publié par Dubai Centre for Islamic Banking and Finance (DCIBF) indique que le marché mondial de l’assurance Takaful était estimé à 23,2 milliards de dollars soit plus de 13 112 milliards de F en 2015. Il devrait atteindre 52,5 milliards de dollars, soit plus de 29 672 milliards de F d’ici 2020. Autrement appelée « Takaful» qui signifie « entraide solidaire » en arabe, l’assurance islamique est basée sur les principes d’assistance, de contribution volontaire et de mutualité (partage de risques entre assurés). Ses caractéristiques sont entre autres l’unicité. Autrement dit, les assurés ou participants sont à la fois assureur et assurés. Ensuite, il y a une vocation sociale et solidaire faisant en sorte que la réalisation des bénéfices n’est pas le but principal.

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