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La nouvelle tonalité…

Quel sort auraient connu des milliers de projets de certains pays africains sans le concours financier de la Chine qui propose des modes opératoires et de financements nouveaux ? A quoi ressemblerait le développement infrastructurel de l’Afrique au jour d’aujourd’hui, si cette contribution n’avait pas été mobilisée ? Le mode opératoire « Build Operate Transfer » (BOT), par exemple, fait son chemin dans les différents pays africains, grâce aux financements de Exim Bank China, grand argentier sur le continent, et de l’expertise des entreprises de l’empire du Milieu. Aux résultats, les pays africains bénéficient de certaines infrastructures chinoises, mais, qui, avec le temps, sont rétrocédées aux patrimoines nationaux. Si certains redoutent l’explosion des dettes publiques des pays africains vis-à-vis de la Chine qui, en l’espace de moins de vingt ans, ont atteint, selon des sources, plus de 6 500 milliards de F, en revanche, d’aucuns pensent que les dirigeants africains ont bien fait de saisir la perche de l’opportunité de développement, la nouvelle alternative proposée par la Chine. Il est indéniable que l’Afrique a besoin des infrastructures pour se développer : des routes, des ports, des chemins de fer, des barrages hydroélectriques… Il est attendu que l’exploitation à moyen et long terme de ces infrastructures pourrait permettre de rembourser la dette, d’amorcer la marche vers l’industrialisation, le développement tant espérés par les Africains. Dans cette mouvance, le Cameroun n’est pas en reste. Le projet autoroutier Yaoundé-Douala, par exemple, a été monté sur le modèle BOT. Le Port en eau profonde de Kribi et toutes les infrastructures connexes telles que l’autoroute Lolabé-Kribi, les barrages de Lom Pangar, de Mekin, de Memve’élé, presque la quasi-totalité des infrastructures de dernière génération dans notre pays, portent l’estampille de l’expertise chinoise. Sur le plan du commerce, les produits chinois, grâce à leur rapport qualité-prix, permettent à des ménages d’accéder à des équipements, biens et produits à des prix à la portée de chaque bourse. Toutefois, on n’a pas l’impression que les Camerounais gagnent véritablement au change, en ce qui concerne le transfert de technologies, la mise à niveau de nos petites et moyennes entreprises... Les Journées économiques, industrielles et commerciales du Cameroun en Chine (JEICAC), en préparation, pourraient permettre à nos opérateurs économiques (chefs d’entreprise, commerçants, inventeurs, promoteurs du made in Cameroon) de se rendre en Chine pour s’approprier le savoir-faire chinois, de renouveler l’outil de production en vue d’améliorer la productivité nationale. Et surtout, de rendre plus compétitives nos entreprises, en faisant migrer les PME et petites et moyennes industries en de plus grandes unités de production. Au demeurant, l’on formule le voeu que la septième édition du sommet sino-africain, prévue les 3 et 4 septembre, donne une nouvelle tonalité à cette coopération multiforme. Le thème de cette grande messe, à savoir, « La Chine et l’Afrique : communauté de destin et partenariat mutuellement profitable », intègre justement l’idée de partage, d’échanges, réciproquement bénéfiques. Et au regard de la qualité des participants (hommes d’Etat, chefs d’entreprise, organisations et associations internationales, bailleurs de fonds…), il est permis d’espérer que le gap sur la balance des échanges, le développement technologique, l’industrialisation… entre les deux partenaires va être posé sur la table des discussions, afin que la communauté de destin devienne une réalité.

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