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Injection de liquidités: les banques en veulent plus

C’est ce que révèle les taux de souscriptions au-dessus de 100% aux appels d’offres régionaux à taux multiples lancés par la BEAC depuis le 12 juin dernier.

Le 1er août dernier, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a publié les résultats de l’appel d’offres régional visant à fournir au marché monétaire des liquidités d’un montant de 270 milliards de F. En effet, depuis le 12 juin dernier, le refinancement des établissements de crédit auprès de la Banque centrale s’effectue par la procédure d’appel d’offres à taux multiples et assortis d’un taux de soumission minimal. Ces appels d’offres effectués à une fréquence hebdomadaire (chaque mardi) avec une maturité de sept jours, rentrent dans le cadre de l’opération principale d’injection de la liquidité qui permet à la BEAC d’ajuster chaque semaine, la position de la liquidité du système bancaire. Et comme pour l’opération similaire déroulée une semaine plus tôt (le 24 juillet), les offres exprimées par les banques allaient largement au-dessus du montant proposé par la Banque centrale. Soit 316,25 milliards de F sollicités par 17 établissements de crédit de la sous-région pour l’appel d’offres du 1er août. Un taux élevé de souscription qui, comme le confirme la BEAC, « traduit un besoin en liquidités des banques de la sous-région ». Sauf que, dans le même temps, on relève que le système bancaire de la CEMAC est globalement en situation de liquidité excédentaire. De l’argent inégalement réparti, étant donné que certaines banques détiennent d’importantes liquidités tandis que d’autres sont dans le besoin. De plus, note-t-on à la Banque centrale, les banques en surliquidité ne sont pas actives sur le marché interbancaire. Pourtant, en dépit de ce besoin manifeste de liquidités exprimé par les banques de la sous-région, il serait difficile, explique-t-on à la BEAC, de revoir à la hausse le montant à injecter dans le marché monétaire au titre de l’opération d’injection de liquidité. Jusqu’ici, la Banque centrale n’a servi que le montant initialement proposé. « La stratégie actuelle de gestion de la liquidité de la BEAC consiste à développer le marché interbancaire tout en protégeant les banques fragiles sur le plan de liquidité. La BEAC ambitionne de se retirer progressivement du marché monétaire pour laisser la place aux opérations interbancaires, mais en garantissant des ressources aux banques les plus vulnérables ne pouvant pas obtenir de la liquidité sur le marché interbancaire », confie une source à la Banque centrale. De plus, l’objectif est de maintenir le taux interbancaire de référence autour du taux directeur (2,95%) et assurer une bonne transmission de sa politique monétaire. Quant aux profits générés par ces opérations, en termes d’intérêts perçus, ils ne constituent pas un objectif pour la BEAC. Le but recherché est d’assurer la stabilité monétaire, avec au plan interne un taux d’inflation inférieur à 3% et au plan externe, un taux de couverture de la monnaie suffisante, c’est-à-dire supérieur à 20%.

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