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Beauté traditionnelle: des bijoux avec du papier recyclé

Ces produits qui ont gagné en notoriété permettent à la promotrice de l’entreprise Leicky de rêver grand avec l’ambition de créer une centaine d’emplois.

Juin 2012. Etats-Unis. 62 jeunes africains de moins de 35 ans participent au « Young African Leaders Initiative » à Washington. Un forum international organisé par l’ancien président Barack Obama pour encourager les efforts de la jeunesse africaine pour leur contribution à la « croissance et la prospérité, au renforcement de la gouvernance démocratique et à l’accroissement de la paix et la sécurité sur toute l’étendue du continent africain ». Parmi ces jeunes africains, la camerounaise Jacqueline Kamsu se fait remarquer. Elle prend part à ce forum grâce au prix remporté lors du SIARC (Salon international de l’artisanat du Cameroun, Ndlr) 2012, qui lui a valu d’être contactée par l’ambassade américaine au Cameroun. Au cours de cette rencontre mondiale, la jeune fille de 36 ans décroche un contrat avec l’Université polytechnique de Californie. Cette comptable de formation s’est découvert une passion pour l’art en 2010, de façon presque fortuite. « J’ai eu la chance d’assister à une formation des femmes à la maison de la femme de Bamenda en 2010. On enseignait aux femmes des petites choses à faire comme fumer le poisson, faire les gâteaux, fabriquer les savons. Puis le dernier jour de la formation, on nous a enseigné à faire des perles avec du papier. C’était juste une petite formation, mais au cours de cette initiation, j’ai compris qu’on pouvait faire des perles avec du papier. Et comme j’aime travailler avec mes mains, organiser et ranger la maison, j’ai décidé d’approfondir mes recherches et je me retrouve aujourd’hui à exercer cette activité de façon permanente », témoigne l’originaire de l’Ouest. Jacqueline Kamsu produit des bijoux qui ressemblent à de l’or, notamment des perles, des bracelets, colliers et boucles d’oreille… Pour confectionner ces bijoux, elle utilise des papiers journaux usés, des calendriers et des papiers magazines. « Je les découpe et je les roule pour pouvoir obtenir des perles et je mets ces perles ensemble pour pouvoir faire des bijoux, des colliers, des boucles d’oreille et des bracelets. J’utilise également du papier mâché, c’est-à-dire du papier un peu plus léger comme les papiers de tiercé (référence aux jeux de paris), que je transforme en pâte pour en faire des perles. Tout est fait entièrement à la main », explique-t-elle. Son activité est porteuse et lui génère en fonction des saisons, des revenus mensuels qui oscillent entre 50 000 et 200 000 F. C’est en cette période de vacances et au courant du mois de décembre, lors des foires ou festivals (Ya-Fe, Nguon) que Jacky Kamsu réalise le gros de son chiffre d’affaires avec la présence des touristes. Sa clientèle se trouvant essentiellement à l’extérieur du pays, les bijoux se vendent davantage en ligne (e-commerce) vers des destinations comme les Etats- Unis. Cependant, du fait d’une faible production, l’entreprise peine encore à satisfaire la forte demande qui se manifeste lors des grandes vacances ou des foires.

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