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Reprise de l'économie nigeriane: Comment surmonter la dépendance au pétrole

Deux ans après la dévaluation du naira, l’économie connaît un léger mieux. Mais, beaucoup reste à faire dans un pays où plus de 80% des recettes proviennent de l’exportation de l’or noir.

Le spectre de la récession s’éloigne peu à peu de l’économie nigériane. Après un repli du PIB estimée à -1,5% en 2016, les perspectives sont meilleures aujourd’hui. La Banque africaine de développement (BAD) prévoit une croissance à 2,1% pour l’année en cours contre 0,8 % en 2017. Cette croissance devra se poursuivre pour atteindre 2,5% en 2019, selon la même source. Le déficit budgétaire devra également se contracter passant de 4,8% en 2017 à 4,3% en 2018, selon les projections de la BAD. Des mesures ont été prises pour atteindre ce résultat. La principale est la dévaluation de la monnaie locale, le naira. « C’est une mesure des autorités qui concrétise généralement la perte de valeur d’une monnaie soit par rapport à une monnaie de référence –le dollar ou l’euro- soit par rapport à un panier de monnaies », explique le Dr. Fabien Ntonga Efoua, économiste. En juin 2016, on est passé d’une parité d’un dollar pour 197 nairas à un dollar pour 320 nairas aux cours de la Banque centrale. Outre la reprise des exportations, la mesure a eu pour effet de relancer les flux d’investissements directs étrangers vers le pays. Par ailleurs, le secteur privé fait montre d’un certain dynamisme. Selon un récent rapport du groupe Ecobank, le pays est le premier producteur de ciment en Afrique de l’Ouest avec une capacité de production installée de près de 43 millions de tonnes par an. La même source précise que le pays a mis sur pied la plus grande unité de raffinage de sucre au monde, mettant ainsi fin aux importations de sucre raffiné. De même, les cours des matières premières, notamment le pétrole qui représente plus de 80% des recettes du pays, s’améliorent. La production pétrolière a aussi connu une hausse passant de 1,45 million de barils par jour en 2017 à environ deux millions de barils par jour actuellement. Les défis à relever restent cependant importants pour un pays où, d’après la BAD, plus de 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré un statut de première puissance économique africaine. Le plan de relance économique et de croissance (2017-2020) vise entre autres, à réduire la pauvreté et la dépendance au pétrole. Il cible six secteurs prioritaires dont l’agriculture, l’industrie manufacturière, les services financiers, les minéraux solides, le bâtiment et l’immobilier.

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