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Secteur bancaire: Le temps des bonnes affaires

De nombreuses institutions internationales, y compris la Banque nationale de Guinée équatoriale, frappent à la porte du marché camerounais, alléchées par l’attractivité des politiques économiques, fiscales, douanières et institutionnelles.

La Banque nationale de Guinée équatoriale manifeste son intention de s’installer au Cameroun ! L’annonce vaut son pesant d’espoir, dans un marché bancaire national qui s’est considérablement dynamisé au cours des deux dernières décennies. A titre illustratif, le secteur bancaire au Cameroun compte aujourd’hui 14 banques commerciales classiques, dont 283 agences et guichets sont installés dans toutes les dix régions du pays. A côté de ces institutions plus ou moins d’envergure, en 2015, on répertoriait 411 établissements de microfinance (EMF) tout aussi bien essaimés jusqu’aux contrées les plus reculées. Cette cartographie séductrice, dans une économie sous régionale plutôt morose, ne laisse pas transparaitre tous les problèmes du secteur bancaire au Cameroun. Certes le taux de bancarisation du pays a augmenté de 13% à 15,5% entre 2014 et 2015 et est au fil des années en constante progression. Seulement, parce qu’il est encore trop bas, il ne justifie pas la floraison actuelle du secteur bancaire. Dans le même temps, on a noté ces dernières années, les difficultés de certaines banques nationales à suivre le train galopant du marché. Certaines ont été placées sous administration provisoire par la Commission bancaire d’Afrique centrale (COBAC), d’autres sont en cours de restructuration ou de recapitalisation. Les moins résilientes ont carrément fermé. Selon le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Mitsuhiro Furusawa, récemment en visite au Cameroun, « cinq banques de petite taille et non importantes pour le système sont insolvables ; la plupart le sont depuis de nombreuses années… » Ces banqueroutes se justifient entre autres, selon les experts, par la diminution de la liquidité et la prolifération des prêts improductifs. Pourtant, le marché bancaire attire toujours, suscitant des interrogations sur les véritables motivations des nouveaux investisseurs étrangers et le potentiel réel du pays. Les analystes du marché, à ce sujet, notent que les politiques économiques, fiscales, douanières et institutionnelles sont plus attractives aujourd’hui. C’est le résultat des concertations public-privé engagées notamment dans le cadre du Cameroon Business Forum, pour l’allègement des procédures de création, d’installation et d’obtention d’agrément par les entreprises. Une autre raison tient à la relative virginité du marché. Si l’on considère le rapport économique le plus basique, celui de l’offre et de la demande, il devient alors évident que le faible taux de bancarisation, plutôt que d’éloigner les investisseurs, les attire. De surcroît, le marché a au cours des derniers mois enregistré une embellie du système financier, avec des progressions de revenus de l’ordre de 12 à 20%. De tous ces faits combinés, il apparait que, contrairement à ce que l’on pourrait naïvement penser, les banques classiques financent 80% des transactions commerciales au Cameroun, contre 20% seulement pour les EMF. La clé du succès des banques étrangères, de l’avis des analystes du marché, c’est leur forte implication dans l’investissement, à la différence des banques nationales qui s’appesantissent plus sur les opérations de guichet (gestion des comptes, crédit…). Selon ces avis, il serait judicieux pour les locaux d’aller scruter les horizons plus lucratifs de l’investissement. Il faudrait pour cela s’assurer déjà sa propre assiette en termes de capital et de potentiel d’investissement.

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